Le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO) a documenté plus de quarante cas de meurtres, d’assassinats et de justice populaire dans la région de Butembo au cours des six premiers mois de l’année 2026. Ce bilan, publié le vendredi 3 juillet dans un rapport semestriel, met en lumière la persistance de l’insécurité dans cette ville du Nord-Kivu et les territoires voisins de Beni et de Lubero.
Bulengera, épicentre de la violence
La commune de Bulengera concentre le plus grand nombre de cas recensés, avec dix incidents documentés. Le coordonnateur du REDHO, Muhindo Wasivinywa, a précisé que sur l’ensemble de la période, plus de 41 cas ont été enregistrés dans la ville de Butembo et ses environs. Cette concentration géographique soulève des interrogations sur les facteurs locaux de vulnérabilité et l’efficacité du dispositif sécuritaire dans cette commune. Les violences documentées incluent des meurtres, des assassinats et des actes de vindicte populaire, reflétant une diversité de menaces pour les civils. Le rapport ne détaille pas les profils des victimes ni les circonstances exactes, mais il souligne une tendance préoccupante sur l’ensemble du semestre.
Un appel à la responsabilité des autorités
Face à cette situation, le REDHO exhorte les services de sécurité à renforcer la vigilance pour prévenir de nouveaux actes de violence contre la population. L’organisation insiste également sur la nécessité pour les instances judiciaires, tant civiles que militaires, de mener des enquêtes sérieuses et d’ouvrir des dossiers contre les auteurs présumés. Cette recommandation vise à briser le cycle de l’impunité qui alimente l’insécurité chronique dans la région. En l’absence de poursuites effectives, les auteurs de ces crimes restent libres, ce qui peut encourager la répétition de tels actes et éroder la confiance des citoyens dans les institutions. Le REDHO rappelle ainsi l’obligation des autorités de protéger les civils et de garantir l’accès à la justice.
Le silence des autorités locales
Radio Okapi a tenté d’obtenir une réaction des autorités de Butembo concernant ce rapport, sans succès. Ce silence contraste avec l’urgence exprimée par le REDHO et laisse en suspens la question de la prise en compte de ces alertes par les responsables locaux. L’absence de réponse officielle pourrait être interprétée comme un manque de volonté politique ou une incapacité à faire face à la situation. Dans un contexte où la population est régulièrement confrontée à des violences, l’absence de communication des autorités risque d’aggraver le sentiment d’abandon et de renforcer les dynamiques de justice populaire, déjà documentées par le rapport.
Le rapport du REDHO s’inscrit dans un contexte plus large de défis sécuritaires dans l’est de la République démocratique du Congo, où les populations civiles sont régulièrement exposées à des violences de divers groupes armés et à des défaillances de l’État de droit. La documentation de ces cas par une organisation locale constitue un outil de plaidoyer pour une meilleure protection des civils et une justice effective. En publiant ces données, le REDHO cherche à interpeller non seulement les autorités locales, mais aussi les partenaires nationaux et internationaux sur la nécessité d’un engagement renforcé pour la sécurité et la lutte contre l’impunité dans la région de Butembo.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
