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Blessure d’Ados Ndombasi : quand la répression policière a un coût humain et économique

Le 12 juin, boulevard Triomphal à Kinshasa, la dispersion du sit-in de la coalition C64 contre la révision constitutionnelle a laissé des traces physiques et politiques. Parmi les blessés, Ados Ndombasi, fondateur du regroupement Alternative 2028, témoigne d’une blessure grave au pied droit qui contredit frontalement la version officielle d’une intervention sans violence. Son récit, médicalement documenté, éclaire les conséquences humaines et économiques d’une répression contestée.

Une blessure qui invalide la thèse d’une mise en scène

Ados Ndombasi, ancien député national, a été soigné au Centre médical de Kinshasa. Il décrit avec précision l’impact d’une grenade lacrymogène sur son pied droit : « Elle a cassé le talon. J’ai une trentaine de points de suture au pied droit. J’ai des brûlures à l’avant-pied. » Les éclats ont déchiré sa chaussette et pénétré sa chair, laissant des tissus morts que les médecins n’ont pu entièrement retirer. Une attelle lui a été posée pour deux mois, l’empêchant de se tenir debout sans aide.

Ce tableau clinique contredit directement la vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, qui affirmait le même jour que la police n’avait pas utilisé de balles réelles et que les images de blessés relevaient d’une « mise en scène » avec du sang animal. La nature des blessures – fractures, brûlures, points de suture – documente une violence bien réelle, aux antipodes d’une simple théâtralisation.

Un parcours parlementaire marqué par la lutte contre les violences policières

Ados Ndombasi Banikina, né en 1978 à Bruxelles, a représenté la circonscription de Funa à l’Assemblée nationale de 2019 à 2023. Durant ce mandat, il a initié dix propositions de loi et exercé vingt-quatre moyens de contrôle parlementaire, dont plusieurs ciblaient les violences policières. En août 2021, il interrogeait le ministre de l’Intérieur sur les bavures policières ; en mai 2023, il dénonçait les « actes de barbarie commis par la police lors de la marche du 20 mai ». Il a également voté contre la prorogation de l’état de siège à deux reprises.

En mars 2024, il quitte l’ECiDé de Martin Fayulu pour fonder Alternative 2028, un regroupement d’opposition qu’il définit comme une force de proposition sur le temps long, loin de l’opportunisme électoral. C’est à ce titre qu’il participait au sit-in du C64 le 12 juin. La LUCHA et la Voix des Sans Voix l’ont identifié parmi les blessés, faisant de son témoignage l’un des rares récits de première main disponibles sur la répression.

Des coûts individuels aux implications économiques collectives

Au-delà du choc physique, la blessure d’Ados Ndombasi illustre un impact économique concret. L’immobilisation de deux mois signifie une perte de revenus pour cet acteur politique, mais aussi des frais médicaux directs : consultations, points de suture, attelle, suivi. Pour un citoyen ordinaire, de telles dépenses peuvent représenter plusieurs mois de salaire dans un contexte où l’accès aux soins reste coûteux et peu subventionné.

Ces violences policières, lorsqu’elles se répètent, génèrent un climat d’insécurité juridique et physique qui décourage l’investissement et la participation citoyenne. Les manifestations dispersées brutalement entraînent des arrêts de travail, des dégradations matérielles – la basket d’Ados Ndombasi a été « déchiquetée », réduite « en lambeau total » – et une défiance envers les institutions. À l’échelle d’une ville comme Kinshasa, ces coûts cumulés pèsent sur l’économie informelle et la stabilité sociale.

Un témoignage qui engage la responsabilité publique

Le récit d’Ados Ndombasi, daté et médicalement documenté, place les autorités face à une contradiction. La version officielle d’une dispersion sans violence est fragilisée par des preuves tangibles. Pour les ménages et les acteurs économiques, la question n’est pas seulement politique : elle touche à la prévisibilité de l’environnement des affaires et à la protection des droits fondamentaux. Une enquête indépendante pourrait clarifier les faits et limiter les conséquences économiques d’une défiance prolongée.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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