Kinshasa a accueilli ce mardi 2 juin le lancement officiel des consultations nationales de la plateforme Nouvelle Génération Congolaise (NGC). Derrière cette initiative, un objectif affiché : mobiliser la jeunesse autour des grands enjeux nationaux. Mais le discours du porte-parole, Mukenge Totoro, a rapidement mis en lumière une dimension souvent négligée par les acteurs politiques : le coût économique des tensions et le besoin urgent d’un dialogue constructif pour protéger les moyens de subsistance des Congolais les plus vulnérables.
La priorité donnée à la paix plutôt qu’aux rivalités partisanes
Pour la NGC, l’heure n’est plus aux querelles politiques. Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est et aux divergences entre forces politiques, la plateforme estime que la priorité doit être accordée à la paix, à la stabilité et à la préservation des intérêts du peuple. Mukenge Totoro a insisté sur le rôle que doit jouer la jeunesse : non plus un simple vivier électoral mobilisable à chaque scrutin, mais une véritable force de proposition et de transformation nationale. Cette posture rompt avec les pratiques courantes où les jeunes sont instrumentalisés avant d’être relégués au second plan.
Les journées « ville morte », un danger pour l’économie du quotidien
L’une des préoccupations centrales exprimées par la NGC concerne les récentes annonces de journées « ville morte » pour protester contre un éventuel changement constitutionnel. Tout en reconnaissant le droit légitime à la contestation démocratique, la plateforme invite les acteurs politiques à privilégier les propositions constructives et le débat d’idées. Son argument principal est concret : ces paralysies urbaines ont des répercussions directes sur les populations vivant essentiellement du secteur informel. Commerçants ambulants, conducteurs de taxi-moto, vendeuses de marché : ces travailleurs sans filet de protection sociale voient leurs revenus brutalement interrompus à chaque journée de blocage. Une « ville morte » signifie, pour ces ménages, des repas en moins, des frais scolaires non honorés, des soins de santé reportés. L’impact économique immédiat, bien que rarement chiffré dans les débats politiques, est une réalité que la NGC souhaite désormais placer au cœur des discussions publiques.
Le référendum, un outil à manier avec précaution
Abordant la question constitutionnelle elle-même, la plateforme considère qu’aucun texte fondamental n’est intouchable, mais que toute réforme doit reposer sur une nécessité claire, un large consensus national et un climat politique apaisé. Elle appelle à un dialogue sincère qui permette à la population de comprendre les motivations et les implications d’un changement. Sur le plan institutionnel, la NGC a rappelé aux députés nationaux leur responsabilité dans l’examen de la loi portant organisation du référendum. Cet outil, s’il est encadré dans le respect des principes constitutionnels, demeure un mécanisme démocratique important pour que le peuple exerce directement sa souveraineté. Un référendum mal préparé pourrait en revanche générer des incertitudes prolongées, affectant la confiance des investisseurs et la stabilité économique générale.
Construire un agenda commun pour une jeunesse force de décision
Avec ces consultations nationales, la NGC entend recueillir les avis d’un large éventail d’acteurs : institutions, partis politiques, société civile, leaders religieux, organisations de jeunesse et forces vives du pays. L’objectif final est de construire un agenda commun qui renforce la participation des jeunes aux processus de décision touchant à l’avenir du pays. En recentrant le débat sur les conséquences concrètes des actions politiques, la plateforme cherche à poser les bases d’un engagement citoyen qui dépasse les clivages. La démarche inclut également un appel aux Églises de réveil qui ont organisé une marche en faveur du changement constitutionnel : tout en reconnaissant leur liberté d’expression, la NGC les encourage à promouvoir la cohésion nationale et l’intérêt supérieur de la Nation. L’enjeu, à terme, est de transformer la parole politique en actions qui protègent et améliorent le quotidien des Congolais, en particulier dans sa dimension économique souvent oubliée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
