Quatre personnes ont péri dans un accident minier survenu samedi 18 juillet en soirée sur le site aurifère de Mabela, à Kamituga, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu. Une dizaine d’autres ont été grièvement blessées, selon les informations communiquées par la société civile locale. Le drame s’est produit dans un puits appartenant à un exploitant nommé Walukusu, dans le quartier Kalingi.
Asphyxie dans un puits artisanal
Les premières constatations indiquent que les victimes ont été asphyxiées à l’intérieur du puits. Les circonstances précises de l’incident restent à établir. Les équipes locales et les habitants tentaient, tard dans la soirée, de recueillir davantage d’informations et d’évaluer l’ampleur réelle des pertes. Le nombre exact de mineurs présents dans le puits au moment du drame demeure difficile à déterminer, ce qui laisse craindre un bilan susceptible d’évoluer. L’asphyxie en milieu confiné est un risque connu dans l’exploitation artisanale, où les systèmes de ventilation sont souvent inexistants ou défaillants. Les puits creusés sans normes techniques exposent les creuseurs à des accumulations de gaz toxiques, un danger aggravé par l’absence d’équipements de détection ou de protection individuelle.
Un bilan provisoire sous réserve des opérations de secours
Les opérations de secours et les vérifications menées par les autorités compétentes pourraient modifier le décompte des victimes. La société civile locale, qui a fourni les premiers éléments, n’a pas encore établi de liste définitive. L’incertitude persiste quant au nombre de personnes qui se trouvaient dans le puits, rendant toute conclusion prématurée. Dans ce type d’accident, l’identification des victimes est souvent retardée par la difficulté d’accès aux galeries effondrées ou mal sécurisées. Les blessés, pour leur part, ont été pris en charge dans des structures médicales locales, mais la gravité de leurs blessures n’a pas été précisée. Les autorités territoriales n’ont pas encore communiqué officiellement sur les mesures prises pour soutenir les familles endeuillées ou renforcer la sécurité sur le site.
La récurrence des accidents miniers dans le Sud-Kivu
Cette tragédie relance le débat sur les conditions de travail dans les mines artisanales de l’Est de la RDC. Kamituga, réputée pour ses réserves aurifères, compte des milliers de creuseurs artisanaux qui exploitent l’or avec des méthodes rudimentaires et une sécurité limitée. Les organisations de la société civile plaident régulièrement pour un renforcement des mesures de sécurité, un meilleur encadrement de l’exploitation artisanale et une surveillance accrue des sites miniers. Un précédent récent illustre cette situation : le 20 juillet 2025, un glissement de terrain sur le site minier artisanal de Lomera, dans le territoire de Kabare, avait causé la mort d’au moins dix personnes retrouvées sous les décombres. La fréquence de ces incidents souligne la vulnérabilité des mineurs artisanaux, qui opèrent souvent sans reconnaissance légale ni protection sociale. Les appels à une réforme du secteur se heurtent à la persistance de pratiques informelles et à l’insuffisance des contrôles étatiques.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
