La ville de Kananga, dans la province du Kasaï-Central, s’apprête à connaître une transformation majeure de son paysage énergétique. Le 17 juillet 2026, à Kinshasa, le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) et l’Agence nationale d’électrification et des services énergétiques en milieu rural et périurbain (ANSER) ont signé un contrat créant la société « Hydro Mbombo SAS ». Cette entité aura pour mission de gérer la future centrale hydroélectrique de Mbombo, un projet qui vise à produire 20 mégawatts d’électricité pour alimenter Kananga et ses environs.
L’infrastructure sera implantée sur la rivière Lulua, à environ 15 kilomètres de la ville. Elle comprendra un barrage, une base-vie, des voies d’accès, ainsi que tout le réseau nécessaire au transport et à la distribution de l’énergie : lignes, postes et stations. Selon le directeur général du FPI, Hervé Claude Batukonke, ce projet a une vocation à la fois industrielle et sociale. Il s’inscrit dans la volonté du président Félix Tshisekedi d’électrifier les provinces pour stimuler les investissements et le développement du pays.
Un taux d’électrification inférieur à 1 %
Actuellement, Kananga et sa périphérie affichent un taux d’électrification extrêmement faible, inférieur à 1 %. Cette situation freine les activités économiques et pèse sur le quotidien des ménages. La centrale de Mbombo doit fournir une énergie stable aux foyers, aux artisans et aux industriels. L’objectif est de sortir la région de cette précarité énergétique chronique, en offrant une source fiable pour les besoins domestiques et productifs.
Des études de faisabilité presque achevées
Sur le terrain, les études de faisabilité, financées par l’ANSER, sont en voie d’achèvement. La route d’accès au site est déjà en construction. Ces avancées techniques sont essentielles pour préparer le démarrage effectif des travaux, attendu depuis plusieurs années. Le projet avait été lancé en août 2023, mais sans réelles avancées jusqu’à présent. La signature du contrat de juillet 2026 relance donc une dynamique concrète.
Un montage financier en cours de finalisation
Le financement du projet repose sur l’implication du FPI et d’autres partenaires. Des discussions sont en cours avec une banque commerciale pour compléter les ressources nécessaires. Si le calendrier est respecté, la centrale devrait produire son premier mégawatt dans un délai de deux ans. Cette échéance est cruciale pour les autorités, qui misent sur cette infrastructure pour créer des emplois, favoriser l’implantation d’unités agro-industrielles et désenclaver le Grand Kasaï.
Une implication locale et symbolique
La population est appelée à s’impliquer dans la réalisation du chantier. Le 23 janvier 2025, le gouverneur du Kasaï-Central, Moïse Kambulu, avait remis le « droit de terre » aux chefs coutumiers du village Tshibambula. Cette démarche visait à permettre les terrassements sans heurter les croyances ancestrales. Elle témoigne de la nécessité d’associer les communautés locales à un projet qui modifiera profondément leur environnement.
La centrale de Mbombo est perçue comme un test grandeur nature de la nouvelle politique énergétique du pays. Sa réussite conditionnera la capacité à reproduire ce modèle dans d’autres provinces. Pour Kananga, l’enjeu est immédiat : passer d’une quasi-absence d’électricité à une desserte stable, susceptible de transformer le tissu économique et social de toute la région.
Article Ecrit par Amissi G
Sources: radiookapi.net, actu30.cd
