Depuis le début de la semaine, du 13 au 18 juillet, la zone de Kasake, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, connaît de nouveaux déplacements de population. Ces mouvements sont directement liés à la reprise des affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo. Face à l’intensification des combats, de nombreuses familles ont fui précipitamment leurs habitations, laissant derrière elles leurs biens et leurs moyens de subsistance.
Cette fuite soudaine expose les civils à des risques sanitaires immédiats. L’absence d’abris, le manque d’eau potable et la promiscuité dans les zones d’accueil augmentent le danger de maladies comme le choléra ou la diarrhée aiguë. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables dans ces conditions précaires. Sans accès à des installations sanitaires de base, la propagation de germes pathogènes devient un risque quotidien, transformant chaque geste de la vie courante en potentiel vecteur de contamination.
Des déplacés sans accès aux soins de base
Les nouveaux arrivants se dirigent principalement vers les localités de Ngungu et Kibabi, où ils rejoignent des milliers d’autres ménages déplacés depuis plus de deux mois. Selon des leaders communautaires, ces personnes vivent dans des conditions très difficiles et n’ont reçu aucune assistance humanitaire significative jusqu’à présent. L’absence de soins de santé aggrave leur situation : sans vaccination, sans traitement des maladies courantes et sans suivi nutritionnel, leur état peut se détériorer rapidement. Les structures de santé locales, souvent débordées, peinent à absorber cet afflux, laissant les plus fragiles sans filet de sécurité médical.
L’urgence d’un dénombrement pour organiser l’aide
Les acteurs communautaires insistent sur la nécessité d’un dénombrement rapide des ménages déplacés. Cette étape est essentielle pour évaluer les besoins réels et organiser une assistance d’urgence adaptée. Une évaluation permettrait de planifier la distribution de vivres, d’abris, d’articles ménagers essentiels et de soins de santé. Sans ces données, l’aide risque d’être insuffisante ou mal ciblée, laissant des familles entières sans protection. Concrètement, un recensement fiable aide les humanitaires à calculer les quantités de nourriture, le nombre de tentes ou les kits d’hygiène nécessaires, évitant ainsi le gaspillage et les oublis.
Une crise humanitaire qui s’aggrave dans le Masisi
Cette nouvelle vague de déplacements illustre la persistance de l’insécurité dans le territoire de Masisi. Les affrontements récurrents entre groupes armés forcent les populations civiles à fuir leurs villages, souvent à plusieurs reprises. Chaque déplacement affaiblit un peu plus leur capacité à se relever, les privant de leurs récoltes, de leurs outils de travail et de leurs réseaux de solidarité. La crise humanitaire s’enracine, avec des conséquences durables sur la santé physique et mentale des communautés. Le stress prolongé, l’incertitude et la perte de repères peuvent entraîner des troubles psychologiques, en particulier chez les enfants, qui voient leur développement compromis par cette instabilité chronique.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
