Le groupe armé ADF poursuit son expansion territoriale dans l’est de la République démocratique du Congo, selon le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Si le nombre de civils tués a diminué en juin par rapport à mai, cette baisse ne traduit pas un recul de la menace, mais plutôt une dispersion des violences vers de nouvelles zones, dont certaines échappent encore au suivi des chercheurs.
Une baisse des victimes en trompe-l’œil
En juin, au moins 62 civils ont été tués et 57 autres enlevés par les ADF, contre plus de 190 morts en mai lors de 36 attaques documentées. Cette diminution coïncide avec une réduction des opérations militaires Shujaa sur le terrain, note le KST. Pour les chercheurs, cette évolution ne signifie pas un affaiblissement du groupe, mais reflète une adaptation de ses modes d’action. Le rapport insiste sur le fait que la menace reste élevée, le groupe demeurant l’un des principaux acteurs armés de la région.
Extension vers le Haut-Uélé
Le rapport souligne que les ADF étendent leur rayon d’action au-delà de leurs bastions habituels du territoire de Beni. Leur présence est désormais signalée dans les territoires de Watsa et de Wamba, dans la province du Haut-Uélé. Cette zone n’est pas encore couverte par le dispositif de suivi du KST, ce qui pourrait masquer l’ampleur réelle des violences. L’expansion vers ces nouvelles localités indique une capacité du groupe à se redéployer et à opérer dans des secteurs où la pression militaire est moindre.
Des attaques meurtrières à Beni
Le KST rappelle plusieurs attaques meurtrières commises en juin dans le territoire de Beni, notamment à Mbau, Matiba et Mayangose. Depuis, une nouvelle série d’attaques attribuées aux ADF a fait au moins une vingtaine de morts à Beni et à Mangina, selon les autorités locales et la société civile. Ces faits confirment la persistance de la menace dans la région, malgré la baisse apparente des chiffres mensuels. La récurrence des violences dans ces localités souligne la vulnérabilité des populations civiles face à un groupe qui continue de cibler des zones habitées.
Pour le Baromètre sécuritaire du Kivu, la baisse des violences observée en juin ne traduit donc pas un affaiblissement des ADF. Le groupe poursuit son expansion vers de nouvelles zones, dont une partie échappe encore au dispositif de suivi du KST. Cette dynamique soulève des questions sur la capacité des forces de sécurité à contenir une menace de plus en plus diffuse. L’extension vers le Haut-Uélé, en particulier, pourrait compliquer la réponse sécuritaire si les opérations ne s’adaptent pas à cette nouvelle géographie de la violence.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
