Les retards de paiement des primes des agents de santé engagés dans la riposte contre Ebola en Ituri ont été officiellement reconnus par les autorités sanitaires. Lors d’un point de presse tenu à Bunia le samedi 18 juillet 2026, les responsables ont détaillé les causes de ces dysfonctionnements, tout en annonçant des mesures correctives. Cette situation, qui a déjà provoqué un mouvement de grève au Centre de traitement d’Ebola (CTE) de l’Hôpital général de référence de Rwampara, met en lumière les défis administratifs et logistiques auxquels fait face la lutte contre l’épidémie.
Pourquoi les primes n’arrivent pas à temps
Contrairement aux craintes d’un manque de financement, les autorités affirment que les fonds sont disponibles. Le problème viendrait plutôt de la gestion des listes de personnel et des circuits de paiement. D’une part, de nouveaux agents ont été intégrés sans figurer sur les listes initiales, ce qui complique la validation des effectifs. Concrètement, cela signifie que des personnes travaillent sur le terrain mais ne sont pas reconnues dans le système de paie, retardant le versement de leurs primes. D’autre part, des différences de barèmes entre le Gouvernement et certains partenaires créent des incohérences dans les montants à verser. Par exemple, un agent peut se voir attribuer un montant différent selon la source de financement, ce qui nécessite des vérifications supplémentaires. Enfin, l’acheminement des fonds vers les zones touchées reste difficile en raison de contraintes logistiques, comme le mauvais état des routes ou l’éloignement des centres de santé, ce qui allonge les délais de distribution.
L’insécurité, un frein supplémentaire
Les responsables de la riposte ont également souligné que l’insécurité et les attaques contre les structures de santé entravent le travail des équipes. Ces violences perturbent non seulement les activités de soins, mais aussi les opérations administratives comme le paiement des primes. Par exemple, une attaque peut endommager les infrastructures ou forcer le personnel à se déplacer, interrompant ainsi le circuit normal de versement des fonds. Malgré ce contexte, ils réaffirment leur engagement à poursuivre les efforts pour contenir l’épidémie et améliorer les conditions de travail des intervenants. Cette persistance est cruciale car chaque retard de paiement risque de démobiliser les agents, ce qui pourrait affaiblir la riposte et favoriser la propagation du virus.
Des solutions pour éviter de nouvelles grèves
Pour remédier à ces retards, plusieurs mesures ont été annoncées. La validation des listes du personnel sera renforcée afin d’éviter les oublis. Cela implique une vérification plus rigoureuse des effectifs sur le terrain pour s’assurer que chaque agent soit bien enregistré. Le système de paiement sera progressivement digitalisé, avec un recours accru aux paiements numériques pour réduire les délais. Concrètement, au lieu de dépendre de transferts d’argent liquide qui peuvent être bloqués par des problèmes logistiques, les primes pourraient être versées directement sur des comptes mobiles, ce qui accélère le processus et limite les risques de perte ou de vol. Ces changements visent à garantir que les agents reçoivent leurs primes sans interruption, limitant ainsi les risques de mouvements sociaux comme celui du 13 juillet 2026.
Ce jour-là, les prestataires du CTE de Rwampara avaient cessé le travail, abandonnant les malades. En colère, ils avaient brûlé des pneus devant l’entrée de l’hôpital pour dénoncer le non-paiement de leurs salaires et primes, pourtant promis par le ministre de la Santé publique lors de son récent passage dans la région. Cet épisode rappelle l’urgence de sécuriser les circuits de rémunération pour maintenir la continuité des soins. Si les mesures annoncées sont mises en œuvre efficacement, elles pourraient non seulement apaiser les tensions, mais aussi renforcer la confiance des agents dans le système de riposte, un élément essentiel pour venir à bout de l’épidémie d’Ebola en Ituri.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
