Dans les rues de Kinshasa, l’inquiétude monte. Les débats sur une éventuelle révision constitutionnelle ravivent le spectre d’une nouvelle crise politique. Pour beaucoup de Congolais, la Constitution reste le dernier rempart contre les dérives autoritaires. Le mouvement citoyen non violent KOKORIKO RDC a décidé de prendre les devants en adressant une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi, un « avertissement citoyen » qui résonne comme un cri d’alarme.
Signée à Bruxelles par son secrétaire exécutif, Bolingo Eyenga Juvénal, cette correspondance met les points sur les i. Elle exhorte le chef de l’État à respecter strictement la loi fondamentale et à garantir la tenue des élections générales avant l’expiration de son second mandat, le 20 janvier 2029. Pour KOKORIKO RDC, l’adoption récente d’une proposition de loi organique relative à l’organisation d’un référendum par l’Assemblée nationale est un signal alarmant. Le mouvement y voit la préparation d’un passage en force pour une révision constitutionnelle qui pourrait toucher aux mandats présidentiels.
L’organisation rappelle que les articles 219 et 220 de la Constitution posent des verrous clairs. L’article 219 interdit toute révision pendant l’état de siège ou l’état de guerre – une situation que vit une partie du pays. L’article 220, lui, protège des dispositions intangibles, notamment le nombre et la durée des mandats du président. Toute tentative de modification, même par voie référendaire, serait donc juridiquement contestable. Mais au-delà du droit, c’est la stabilité du pays qui est en jeu.
La crainte d’un report des élections plane, nourrie par le contexte sécuritaire dans l’Est. Les retards dans le calendrier électoral pourraient servir de prétexte à une prolongation de fait du pouvoir. Pour le citoyen lambda, ces jeux politiques se traduisent par une angoisse quotidienne. Chaque rumeur de glissement fait monter la tension dans des foyers déjà éprouvés par la précarité et l’insécurité. Le mouvement insiste : le risque principal n’est pas seulement une modification formelle de la Constitution, mais un enlisement qui ferait durer les institutions actuelles au-delà des échéances prévues.
KOKORIKO RDC demande donc à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de publier sans tarder un calendrier pour le scrutin de 2028. Il appelle les institutions de la République à préserver l’ordre constitutionnel, et interpelle aussi les partenaires internationaux : parlementaires, confessions religieuses, Union africaine, médiateurs du processus de Doha, Union européenne, États-Unis, jusqu’à la Cour pénale internationale. Tous sont invités à soutenir le respect des échéances démocratiques.
Le mouvement brandit l’histoire récente du continent. Au Burundi, en Guinée, au Gabon, des tentatives de prolongation du pouvoir par des acrobaties constitutionnelles ont souvent conduit au chaos. Le Congo ne peut pas se permettre un tel scénario. La mémoire est encore vive des crises passées, et la population aspire à une alternance paisible, pilier d’une démocratie mature.
En conclusion, KOKORIKO RDC somme le président Tshisekedi de réaffirmer publiquement son attachement à l’alternance démocratique. La date du 20 janvier 2029 doit rester sacrée : point d’aboutissement d’un processus électoral transparent. Pour des millions de Congolais, c’est une question de confiance dans les institutions. La balle est dans le camp du pouvoir. Respectera-t-il la promesse démocratique ?
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
