AccueilActualitéSecuritéCoordination MONUSCO-FARDC : l'alerte de Vivian van de Perre

Coordination MONUSCO-FARDC : l’alerte de Vivian van de Perre

La partie est de la République démocratique du Congo demeure un foyer de tensions indéfectible. L’activisme persistant des groupes armés, locaux comme étrangers, y aggrave une hémorragie humaine que les chiffres officiels ne parviennent plus à masquer. Massacres de civils, déplacements massifs de populations à l’intérieur des frontières comme vers les pays voisins : la crise sécuritaire ne cesse de muer, défiant les dispositifs de réponse traditionnels.

Face à cette situation, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a une fois encore tiré la sonnette d’alarme. Lors d’une rencontre à Kinshasa, Mme Vivian van de Perre, représentante spéciale adjointe chargée de la protection et des opérations, a plaidé avec insistance pour un renforcement de la coordination sécuritaire entre les forces de la mission onusienne et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Reçue par le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, à l’Hôtel de la Défense, la numéro deux de la MONUSCO a rappelé qu’une meilleure synchronisation opérationnelle permettrait de consolider les efforts conjoints en faveur d’un retour durable à la paix. Selon une dépêche du ministère de la Défense, la responsable onusienne a souligné la nécessité d’une coordination renforcée pour maximiser l’impact des actions sur le terrain.

Mais cet appel est-il réellement nouveau ? Et pourquoi, après des années de présence onusienne et des opérations conjointes répétées, la coordination sécuritaire continue-t-elle de s’imposer comme un vœu pieux ? Les faits, hélas, imposent leur logique implacable : l’est de la RDC saigne toujours. Des attaques attribuées aux rebelles ADF, en dépit des opérations menées conjointement par les FARDC et l’armée ougandaise, entretiennent un climat de terreur permanent.

Les échanges entre Mme van de Perre et le ministre Muadiamvita ont également porté sur les processus diplomatiques en cours. Résolution 2808 du Conseil de sécurité, processus de Washington pour la crise entre Kinshasa et Kigali, pourparlers de Doha : autant de mécanismes que la MONUSCO dit vouloir accompagner. La diplomate onusienne a réaffirmé le soutien constant de sa mission aux initiatives de cessez-le-feu et aux efforts de paix, tout en insistant sur l’importance d’une désescalade effective.

Pourquoi, pourtant, chaque avancée sur papier semble-t-elle aussitôt se heurter à une réalité de terrain plus têtue ? Depuis la rencontre de Montreux en Suisse, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 n’ont cessé de s’accuser mutuellement de violer leurs engagements. Des attaques de drones, des affrontements persistants : la méfiance s’est installée, et l’impasse diplomatique s’est épaissie. Mécanismes de vérification, interprétations divergentes des accords : le fossé ne cesse de se creuser.

Satisfait des discussions, le ministre de la Défense a salué le rôle d’accompagnement de la MONUSCO, tout en insistant sur la nécessité que cette mission poursuive son action dans un esprit de neutralité et de coopération. Une exigence de transparence et de respect des faits a également été formulée, comme pour répondre aux frustrations populaires face à une insécurité persistante. Car après tout, les populations déplacées et les victimes civiles ne lisent pas les résolutions onusiennes ; elles attendent des actes.

La rencontre de Kinshasa intervient ainsi dans un contexte où chaque jour apporte son lot de drames silencieux. Des villages entiers se vident. Des familles fuient sans savoir où poser leurs nattes. Et le renforcement de la coordination sécuritaire, martelé lors des conférences et des communiqués officiels, ne peut plus rester un simple slogan. L’est de la RDC attend bien plus qu’une énième déclaration d’intention.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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