Un cas de maladie à virus Ebola a été officiellement signalé à Goma, dans la province du Nord-Kivu. L’annonce, faite ce dimanche 17 mai 2026 par le mouvement politico-militaire AFC-M23, plonge la région dans une alerte sanitaire inédite. La rébellion, soutenue par le Rwanda, affirme que les autorités sanitaires et les équipes d’urgence sont déjà à pied d’œuvre pour contenir ce nouvel épisode épidémique.
Le virus Ebola, cet adversaire microscopique aux conséquences dévastatrices, frappe à nouveau le sol congolais. Rappelons que cette fièvre hémorragique se manifeste par des symptômes soudains : fièvre élevée, fatigue intense, douleurs musculaires, suivis de vomissements, diarrhées et parfois saignements internes. La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou par des surfaces contaminées. Une seule goutte de sueur, un simple contact avec un objet souillé, et le virus peut se propager, tel un feu de brousse dans une savane sèche.
Face à cette menace, l’AFC-M23 a déclaré avoir activé immédiatement des protocoles d’urgence. Le patient a été placé en isolement strict et reçoit des soins adaptés sous surveillance constante. Une opération de traçage des contacts a été lancée pour identifier toutes les personnes ayant pu croiser sa route, ce qui constitue le pilier d’une riposte Ebola efficace. Des équipes de surveillance se déploient dans les zones à risque pour détecter précocement d’éventuels nouveaux cas. Une cellule spéciale de riposte, regroupant experts en santé publique, coordonnateurs d’urgence, leaders communautaires et organisations partenaires, a vu le jour en un temps record. Cette structure évaluera en temps réel la situation et ajustera les stratégies au fil des jours.
Mais comment organiser une riposte solide dans un territoire où l’insécurité règne en maître ? La province du Nord-Kivu reste le théâtre de violences attribuées aux rebelles ADF, qui continuent de semer la désolation malgré les opérations conjointes des FARDC et de l’armée ougandaise. À cela s’ajoutent l’activisme de milices comme la CODECO, le groupe Zaïre et d’autres groupes armés. Ces conflits entravent l’acheminement de l’aide, déplacent les populations et multiplient les risques de propagation. Pourtant, l’expérience des 16 précédentes épidémies en RDC a montré une chose : la vigilance communautaire est la meilleure arme. Chaque geste compte, qu’il s’agisse de se laver les mains au savon ou de signaler immédiatement tout symptôme suspect.
L’AFC-M23 insiste sur la nécessité de rester calme et de coopérer pleinement avec les équipes sanitaires. Des campagnes de sensibilisation intensifiées délivrent des informations fiables sur les mesures de prévention, les signes avant-coureurs et les procédures de signalement. Il est crucial de combattre les rumeurs, qui peuvent se répandre plus vite que le virus lui-même. Dans ce contexte, la communication transparente devient un rempart aussi important que les combinaisons de protection.
Ce nouveau foyer épidémique survient près de six mois après que la RDC a annoncé la fin de la 16e épidémie d’Ebola, le 1er décembre 2025, dans la province du Kasaï. Ce précédent succès, obtenu grâce à une mobilisation rapide et à une coordination exemplaire, doit servir de modèle. La riposte Ebola à Goma, menée par une rébellion aux commandes sanitaires, pourrait surprendre si elle parvient à concilier impératifs de santé et réalité sécuritaire. Le défi est immense, mais chaque heure gagnée est une vie potentiellement sauvée.
Pour la population du Nord-Kivu, le message est clair : signalez tout cas suspect, respectez les consignes, et gardez confiance dans le protocole de riposte. Car comme le dit un adage de santé publique, « devant Ebola, le pire ennemi est la panique, le meilleur allié est la prévention ». Les prochains jours seront décisifs pour éviter une nouvelle flambée.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
