La commune rurale de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, fait face à une pénurie d’eau potable qui affecte plus de cent mille habitants et des milliers de déplacés. Le réseau d’adduction, construit en 1988, ne parvient plus à couvrir les besoins d’une population qui a quadruplé en près de quarante ans. Cette situation expose les résidents à des risques sanitaires et complique l’accès à une ressource essentielle dans une zone marquée par l’insécurité.
Un réseau vieillissant face à une démographie galopante
La commune rurale de Lubero est alimentée par six mini-réseaux d’adduction dont les captages se situent dans les localités voisines. Ces infrastructures, mises en place il y a près de quatre décennies, montrent des signes de délabrement avancé. Selon le directeur du réseau des adductions d’eau potable de Lubero, Mumbere Sadiki Kahunde, la coopération Zaïre-Canada avait financé cette adduction en 1988, alors que la cité comptait 22 000 habitants. Aujourd’hui, la population est passée à 102 000 habitants, soit une multiplication par quatre. Cette croissance démographique, combinée à la vétusté des installations, entraîne une incapacité à desservir toutes les cellules de la commune.
Des bornes-fontaines à sec et des déplacements risqués
Plusieurs bornes-fontaines restent à sec, particulièrement aux heures de forte consommation. De nombreux ménages passent plusieurs jours sans eau, contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner. Cette tâche incombe principalement aux femmes et aux jeunes filles, qui doivent se déplacer dans une zone toujours confrontée à l’insécurité liée à la présence de groupes armés. Le directeur du réseau confirme que « l’eau ne couvre pas toutes les cellules de la commune à cause du délabrement très avancé des captages, mais aussi des bornes-fontaines de l’adduction, qui date de 1988 ».
L’afflux de déplacés aggrave la pression sur les ressources
La commune rurale de Lubero accueille également plusieurs milliers de personnes déplacées, ce qui accroît encore davantage les besoins en eau potable. Cette pression supplémentaire sur des infrastructures déjà insuffisantes rend la situation encore plus critique. Les risques sanitaires liés à la consommation d’eau non potable ou à la rareté de l’eau pour l’hygiène de base sont une préoccupation majeure, bien que les autorités locales n’aient pas encore communiqué de bilan sanitaire précis.
La pénurie d’eau à Lubero illustre les défis d’une urbanisation rapide dans des zones où les infrastructures n’ont pas suivi. En attendant d’éventuels travaux de réhabilitation ou d’extension du réseau, les habitants continuent de subir les conséquences d’un accès limité à l’eau potable, dans un contexte sécuritaire déjà tendu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
