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Ituri : 1,15 million de déplacés face au risque d’une propagation explosive d’Ebola

La ministre d’État en charge des Affaires sociales et Actions humanitaires, Ève Bazaiba Masudi, a dressé un état des lieux alarmant de la crise humanitaire en République démocratique du Congo, jeudi 2 juillet, lors d’une rencontre entre les présidents Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa à Kinshasa. L’épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola, concentré en Ituri, abrite près de 1,15 million de déplacés internes répartis dans 69 sites, un terreau favorable à une propagation rapide du virus.

Un million de déplacés, un risque de propagation accélérée

La promiscuité dans les camps de déplacés en Ituri constitue le principal facteur de risque identifié par la ministre. « Pour ne parler spécialement que de la province de l’Ituri, qui constitue aujourd’hui le lieu où se trouve la grande majorité des personnes atteintes de la maladie à virus Ebola, là où se trouve l’épicentre, c’est environ 1 million 150 mille personnes qui se retrouvent dans 69 sites de déplacés internes », a-t-elle déclaré. Cette concentration humaine, combinée à la présence de cas confirmés, fait craindre une flambée incontrôlable. Ève Bazaiba Masudi a averti : « si jamais, dans ces sites il se trouve des cas d’Ebola, comme nous l’avons actuellement, il y a un danger que nous puissions enterrer au moins 1 000 personnes par jour ».

Une crise humanitaire aux racines multiples

La situation actuelle est le résultat d’une superposition de chocs. La ministre a rappelé que la RDC subit depuis trois décennies des conflits armés, « l’un des chocs les plus virulents à l’origine des crises humanitaires ». Aujourd’hui, environ 15 millions de Congolais nécessitent une aide d’urgence. Parmi eux, 60 % sont victimes des conséquences directes de la guerre, 25 % subissent les effets des épidémies et pandémies, et 15 % sont affectés par les aléas climatiques. Ce cumul crée un cercle vicieux : la crise humanitaire aggrave la propagation d’Ebola, et l’épidémie détériore encore les conditions de vie des populations déjà vulnérables.

Une épidémie sous-estimée et sans traitement spécifique

Le 17 mai, deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie, l’Organisation mondiale de la Santé a classé la flambée due à la souche Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale. L’OMS souligne que l’ampleur réelle pourrait être sous-estimée en raison de la mobilité des populations, de la fragilité des systèmes de santé et des difficultés d’accès à certaines zones. L’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche complique la riposte. Malgré ces défis, les autorités congolaises se veulent rassurantes, fortes de l’expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d’Ebola maîtrisées dans le pays.

Un appel à la mobilisation collective

Face à ce tableau, Ève Bazaiba Masudi a plaidé pour un renforcement de la réponse humanitaire et sanitaire, tant au niveau national qu’international. La présence des partenaires techniques et financiers, des représentants d’Africa CDC et des deux chefs d’État lors de son intervention souligne l’urgence d’une coordination accrue. L’enjeu est de briser le lien entre déplacement forcé et propagation épidémique, en apportant une assistance vitale aux populations tout en contenant le virus.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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