Au moins dix-huit personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées lors de bombardements de drones attribués au M23 et à ses alliés, survenus vendredi 3 juillet au matin dans le village de Mulima, territoire de Fizi, au Sud-Kivu. L’administrateur du territoire, Samy Badibanga, a détaillé un bilan provisoire lourd, incluant des pertes civiles et des destructions d’infrastructures.
Un bilan humain et matériel lourd dans les hauts plateaux
Selon l’administrateur du territoire de Fizi, les frappes ont touché des femmes, des hommes et des enfants, ainsi que du bétail. Les infrastructures sanitaires et scolaires ont été détruites, et plusieurs élèves ont vu leurs écoles anéanties dans les villages de Mulima, Kangouli et leurs environs. Les humanitaires présents dans les moyens et hauts plateaux de Fizi signalent également plusieurs blessés parmi les déplacés internes, a précisé Samy Badibanga. Plus de dix-huit morts ont été recensés parmi ces déplacés, selon le même responsable. Ce bilan, encore provisoire, illustre la vulnérabilité des populations civiles prises au piège des affrontements récurrents dans cette zone.
Des mouvements de population vers des centres sans protection adéquate
Des mouvements massifs de population sont observés vers les centres de Baraka, Kananda, Mukera, Kichoula et Lumania, sans protection adéquate, a indiqué l’administrateur. Ces déplacements, consécutifs aux violences, aggravent une situation humanitaire déjà précaire dans la région. Les autorités du territoire de Fizi condamnent avec la plus grande fermeté les violations répétées du territoire national par des avions rwandais, a-t-il ajouté, sans fournir de preuves supplémentaires sur l’origine des appareils. Cette accusation, récurrente dans le conflit, souligne les tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, souvent pointé du doigt pour son soutien présumé au M23.
Des combats intenses à l’origine des attaques
Ces attaques sont la conséquence des combats intenses signalés depuis jeudi dernier entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23 dans cette partie du Sud-Kivu, selon la même source. Les affrontements, qui se sont intensifiés ces derniers jours, ont plongé la région dans une instabilité croissante. Par ailleurs, ce même vendredi, des combats similaires ont opposé les FARDC, appuyées par les combattants Wazalendo, aux rebelles du M23 vers Kaziba, dans les hauts plateaux de Mubugu, Kange et Namubula. Des sources locales indiquent que ces combats sont également à l’origine de nouvelles tensions dans la région. La multiplication des fronts et l’utilisation de drones par les groupes armés marquent une escalade préoccupante du conflit, qui continue de peser lourdement sur les civils.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
