À Kindu, chef-lieu du Maniema, les femmes journalistes ont posé un acte fort ce samedi 13 juin 2026 en relançant l’antenne locale de l’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM). Une décision qui soulève une question simple mais essentielle : comment renforcer la voix des professionnelles des médias dans une province où leur rôle reste souvent marginalisé ?
Une relance portée par une vision collective
Réunies sous l’impulsion de Berthe Amuri, présidente intérimaire, les participantes ont défini une vision commune : structurer leur engagement et consolider leur rôle dans la société. Cette relance n’est pas un simple formalisme associatif. Elle traduit une volonté de s’organiser pour peser dans le débat public et répondre aux défis spécifiques auxquels font face les femmes journalistes dans la province. Dans un environnement médiatique souvent dominé par les hommes, cette initiative vise à créer un espace de solidarité et de renforcement des capacités, essentiel pour que les professionnelles puissent exercer leur métier sans entraves et faire entendre leurs perspectives uniques sur les enjeux locaux.
Un plaidoyer pour l’éducation et la protection
Devant l’assemblée, Berthe Amuri a lancé un plaidoyer aux autorités provinciales. « L’éducation d’une femme est le socle de l’éducation d’une nation entière », a-t-elle déclaré, insistant sur la protection des femmes journalistes dans l’exercice de leur métier. Cette déclaration met en lumière un enjeu crucial : la sécurité et la reconnaissance des professionnelles des médias, souvent exposées à des risques spécifiques dans un environnement encore largement dominé par les hommes. En liant éducation et protection, la présidente intérimaire souligne que l’autonomisation des femmes journalistes passe non seulement par l’accès à la formation, mais aussi par un cadre légal et institutionnel qui garantisse leur intégrité physique et professionnelle. Ce plaidoyer résonne comme un appel à une responsabilité publique : les autorités provinciales sont interpellées sur leur devoir de créer les conditions d’un journalisme inclusif et sécurisé.
Une étape décisive le 30 juin
Pour concrétiser cette relance, une assemblée est prévue le 30 juin. Objectif : installer un comité provisoire chargé de piloter l’antenne locale de l’UCOFEM au Maniema. Ce comité aura la lourde tâche de transformer l’élan collectif en actions concrètes, qu’il s’agisse de formations, de plaidoyers ou de solidarité professionnelle. La réussite de cette initiative dépendra de la capacité des membres à maintenir la mobilisation et à obtenir le soutien des autorités. L’installation de ce comité représente un test pour la viabilité de l’organisation : sans structure formelle, l’enthousiasme initial risque de s’essouffler, laissant les femmes journalistes sans levier collectif pour faire avancer leurs revendications. À l’inverse, un comité fonctionnel pourrait devenir un interlocuteur crédible auprès des institutions provinciales et un modèle pour d’autres provinces.
La relance de l’UCOFEM au Maniema intervient dans un contexte où la participation des femmes à la vie publique reste un combat quotidien. En se structurant, ces journalistes ne cherchent pas seulement à défendre leurs intérêts corporatistes : elles entendent contribuer à une société plus inclusive, où l’information produite reflète la diversité des voix. Reste à savoir si les autorités provinciales entendront cet appel et si les moyens suivront pour faire de cette relance un véritable levier de changement. L’enjeu dépasse le cadre médiatique : il s’agit de la place des femmes dans l’espace public et de leur capacité à influencer les récits qui façonnent la province. Sans engagement concret des pouvoirs publics, cette initiative risque de rester un symbole sans lendemain, alors que les défis de protection et de formation demeurent entiers.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
