La Journée mondiale des donneurs de sang, commémorée ce lundi 15 juin à Goma sous le thème « Tous unis pour le don de sang », a été l’occasion pour le Centre provincial de transfusion sanguine du Nord-Kivu (CPTS) de dresser un bilan et de rappeler l’importance vitale de ce geste. Avec 58 200 poches collectées en 2025, l’organisme a sauvé autant de vies, mais le besoin reste criant : il manque encore près de 26 000 poches pour atteindre l’objectif annuel de 84 000 unités.
Un déficit qui met des vies en danger
Le chargé de communication du CPTS, Vendi Mulume, a expliqué que chaque poche de sang représente une vie sauvée. « Au niveau de la province, nous avons pu récolter 58 200 poches, 58 200 vies ont été sauvées sur un besoin de 84 000. Donc, vous comprenez qu’il y a toujours besoin de sang », a-t-il déclaré. Ce déficit de 25 800 poches signifie que des patients, notamment des femmes qui accouchent, des blessés de guerre ou des malades chroniques, risquent de ne pas recevoir les transfusions nécessaires à leur survie.
La solidarité comme moteur du don
Pour de nombreux donneurs bénévoles, la motivation est profondément humaine. Mariam Apolline, élève finaliste et donneuse depuis deux ans, a raconté comment un don avait sauvé son petit frère : « Mon petit frère était à l’hôpital et, un jour, il a manqué de sang ; il était presque à la dernière minute de sa vie. Les médecins sont partis prendre le sang de quelqu’un d’autre. J’ai été touchée par cet acte d’amour que l’autre avait fait pour mon frère et j’ai pris la décision de commencer aussi à le faire pour n’importe qui. » Un autre donneur, engagé depuis 2016, a évoqué la solidarité envers « nos mamans qui mettent au monde, mais aussi pour nos soldats engagés sur le front pour défendre la patrie ».
Un contexte sanitaire qui accroît les risques et les besoins
La province du Nord-Kivu fait face à une épidémie de maladie à virus Ebola, ce qui augmente la demande en sang tout en exposant davantage le personnel médical lors des collectes. Le CPTS a toutefois rassuré que les procédures sont menées avec rigueur et dans le respect des mesures de protection. Vendi Mulume a également rappelé un conseil pratique : « après chaque trois mois, il faut passer pour donner du sang et sauver des vies », soulignant que le don régulier est essentiel pour maintenir des réserves suffisantes.
La Journée mondiale des donneurs de sang a ainsi mis en lumière un enjeu de santé publique concret : chaque citoyen en bonne santé peut contribuer à réduire le déficit en sang et à sauver des vies, dans une région où les besoins sont exacerbés par les conflits et les urgences sanitaires.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
