Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé la fin de son intervention d’urgence contre le choléra à Yumbi, dans la province du Mai-Ndombe, après six semaines d’activités intenses. Du 30 mars au 10 mai, les équipes de MSF ont pris en charge 536 patients, dont 336 présentaient des complications sévères. Cette réponse s’inscrivait dans un contexte épidémique touchant plusieurs zones de santé du Mai-Ndombe.
Le choléra est une infection intestinale aiguë due à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Il provoque une diarrhée liquide abondante et des vomissements, entraînant une déshydratation rapide. Sans traitement, les cas graves peuvent être mortels en quelques heures. Heureusement, la prise en charge est simple et efficace : la réhydratation orale avec des sels de réhydratation orale (SRO) suffit dans la plupart des cas. Pour les patients sévèrement déshydratés, comme les 336 cas compliqués traités par MSF, une réhydratation intraveineuse et des antibiotiques sont nécessaires. L’intervention de MSF a permis de stabiliser ces malades et d’éviter des décès supplémentaires.
Au-delà des soins curatifs, MSF a mis l’accent sur la prévention et l’engagement communautaire. Plus de 6 450 séances de sensibilisation ont été organisées, utilisant différents canaux pour atteindre toutes les couches socioculturelles : causeries éducatives, visites à domicile, diffusion de messages par mégaphone et points d’information. Les équipes ont expliqué les gestes barrières essentiels : se laver les mains avec du savon ou de la cendre, boire de l’eau potable (bouillie ou traitée au chlore), bien cuire les aliments et utiliser des latrines hygiéniques. Elles ont aussi insisté sur l’importance de se rendre immédiatement au centre de santé le plus proche dès les premiers signes de diarrhée liquide. Cette mobilisation a contribué à renforcer la résilience des communautés face à l’épidémie.
Pourtant, la menace du choléra demeure bien réelle dans la province. Début juillet 2025, une nouvelle flambée a été signalée, avec une augmentation rapide des cas : en quelques jours, on est passé d’une dizaine de cas suspects à 116, pour 16 décès enregistrés, soit un taux de létalité alarmant de 13,8 %. Un taux supérieur à 1 % est considéré comme préoccupant par l’Organisation mondiale de la Santé, ce qui souligne la nécessité de renforcer l’accès aux soins. Des échantillons prélevés ont été envoyés à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) pour confirmation en laboratoire. Ces chiffres rappellent que les épidémies de choléra peuvent ressurgir, souvent liées aux conditions d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Les zones de santé les plus touchées sont Bolobo, avec 51 cas suspects et 3 décès, Nioki (27 cas, 7 décès), Mushie, Kwamouth et Yumbi. Bolobo, épicentre actuel, est un carrefour de mouvements de populations, notamment avec la République du Congo voisine. Ces déplacements, qu’ils soient commerciaux ou familiaux, favorisent la propagation de la bactérie. La coordination transfrontalière est donc cruciale pour endiguer l’épidémie. À l’échelle de la province, les efforts globaux ont permis de guérir 542 personnes, avec un taux de guérison de 71 %, un signe encourageant qui témoigne de l’efficacité des soins lorsqu’ils sont dispensés rapidement.
MSF réaffirme son engagement aux côtés des communautés et des autorités sanitaires pour combattre les maladies à potentiel épidémique. L’organisation continuera d’appuyer les structures de santé locales, comme elle l’a fait à Yumbi et ailleurs. Pour les populations, le message est simple : face à une diarrhée liquide, ne pas perdre de temps, réhydrater la personne et l’emmener au centre de santé. Le choléra se soigne efficacement, mais la rapidité d’action est vitale. Ensemble, en adoptant les bons réflexes, il est possible de briser les chaînes de transmission et de sauver des vies.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
