L’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) a enregistré une avancée encourageante ce dimanche 31 mai à Bunia, dans la province de l’Ituri. Quatre patients pris en charge au centre de traitement d’Ebola ont été déclarés guéris et ont pu regagner leur domicile. Cette nouvelle apporte une bouffée d’espoir dans un contexte sanitaire tendu, et illustre l’efficacité de la riposte lorsqu’elle est appliquée rapidement.
Les soins prodigués aux malades d’Ebola sont dits « symptomatiques » : il n’existe pas encore de médicament curatif spécifique, mais une prise en charge précoce permet de soulager les symptômes, de maintenir les fonctions vitales et d’augmenter significativement les chances de guérison. Concrètement, cela consiste à réhydrater le patient, à équilibrer ses électrolytes, à traiter la fièvre, les vomissements ou les diarrhées, et à prévenir les infections opportunistes. Plus tôt une personne est prise en charge, plus grandes sont ses chances de guérison
, rappellent les équipes médicales. Un message que les autorités sanitaires martèlent pour inciter toute personne présentant des symptômes évocateurs (fièvre, douleurs musculaires, vomissements, diarrhée) à se signaler sans délai.
Jeanne Alasha, une responsable citée par les médias locaux, a tenu à souligner que ces quatre guérisons sont la preuve vivante que les centres de traitement ne sont pas des lieux où l’on va mourir, mais des structures où l’on peut être soigné et retrouver sa santé
. Une déclaration cruciale pour déconstruire la peur qui pousse parfois les communautés à fuir les centres de santé. Les survivants d’Ebola sont d’ailleurs appelés à jouer un rôle central dans la sensibilisation. Leur témoignage, porteur d’espoir et d’authenticité, a plus d’impact que n’importe quel message institutionnel. Depuis les premières épidémies, on sait que ces ambassadeurs de la guérison permettent de vaincre la stigmatisation et de convaincre les malades réticents de se faire soigner.
Le dimanche 31 mai, le ministre de la Santé, Roger Kamba, était à Bunia aux côtés du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. Tous deux ont assisté à la cérémonie de présentation des quatre personnes guéries, avant de renforcer les dispositifs de coordination de la riposte. Le ministre s’est montré prudemment optimiste : Notre objectif est de contrôler cette épidémie et d’y mettre fin dans un délai de quatre à six mois. Le meilleur scénario est de parvenir à la contenir dans les trois provinces concernées
, a-t-il déclaré, en référence à l’Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Cet horizon temporel reste néanmoins conditionné à une intensification de la surveillance épidémiologique, à une prise en charge rapide des malades et, surtout, à une adhésion sans faille des communautés.
Car la riposte ne se mène pas uniquement dans les hôpitaux. L’engagement communautaire est la pierre angulaire de la stratégie. Les leaders locaux, les chefs coutumiers et les relais santé sont mobilisés pour diffuser les gestes barrières, expliquer l’importance des enterrements sécurisés et démonter les rumeurs qui circulent. Ces rumeurs, alimentées par la désinformation, constituent un obstacle majeur aux opérations sanitaires. C’est pourquoi le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, s’est personnellement déplacé à Bunia pour sensibiliser les leaders d’opinion. Objectif : apporter des informations fiables, contrer les fausses nouvelles et renforcer la confiance entre les populations et les équipes de riposte.
La souche du virus Ebola qui sévit actuellement est de type Bundibugyo, la même que lors de l’épidémie de 2007. Les partenaires sanitaires préparent des essais cliniques adaptés à cette souche, mais dans l’immédiat, les ressources restent concentrées sur la réponse opérationnelle. Les États-Unis se positionnent comme le principal bailleur de cette riposte, avec un appui dépassant les 162 millions de dollars. Un financement crucial pour soutenir les centres de traitement, la logistique, la formation des personnels et la communication de crise.
En attendant, chaque guérison est une victoire. Les quatre survivants de Bunia incarnent la résilience et la possibilité de vaincre la maladie. Leur histoire rappelle qu’Ebola, bien que redoutable, n’est pas invincible. Elle invite aussi à la vigilance collective : en respectant les consignes sanitaires, en se signalant rapidement et en combattant les idées reçues, les populations de l’Est peuvent contribuer à écourter cette épidémie. Le chemin est encore long, mais l’espoir est désormais tangible.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
