AccueilActualitéSociétéEffondrement à Beni : deux écolières tuées au stade du 15 octobre

Effondrement à Beni : deux écolières tuées au stade du 15 octobre

C’est une scène que personne n’aurait voulu imaginer. Un groupe d’écolières marche sur le chemin du retour, cartables sur le dos, insouciantes. Soudain, un grondement sourd, puis un nuage de poussière. Le mur s’effondre et emporte avec lui deux vies pleines de promesses. À Beni, comment en est-on arrivé là ?

Ce mardi 19 mai, l’effondrement meurtrier du mur d’enceinte du stade du 15 octobre a semé la consternation dans tout le chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Deux élèves du complexe scolaire La Victoire, de jeunes filles à peine sorties de l’enfance, ont été mortellement fauchées alors qu’elles circulaient aux abords de cette infrastructure publique. Une tragédie qui soulève autant d’émotion que d’indignation.

Selon les premiers éléments recueillis auprès de la protection civile de Beni, l’état dégradé du mur constituait une menace latente. « Il se pourrait qu’une charge lourde pesait sur les pourtours du stade qui subit actuellement une réfection. Et avec les flaques d’eau ayant stagné dans la surface, il y a eu affaiblissement du mur qui a lâché alors que deux victimes étaient de passage », confie une source interne. Autrement dit, des travaux en cours et des intempéries non gérées auraient transformé un simple périmètre en piège mortel.

La Coordination des Comités d’Élèves de Beni (COCEB), par la voix de son président Kikuku Bashiru Kambale, n’a pas caché sa colère et sa tristesse. Appelant les autorités à prendre leurs responsabilités, elle exige désormais un renforcement urgent de la sécurité des infrastructures publiques pour éviter que d’autres enfants ne soient sacrifiés sur l’autel de la négligence.

Ce drame interroge crûment la sécurité publique dans une région déjà éprouvée par de multiples crises. Pourquoi des ouvrages en réfection ne sont-ils pas sécurisés ? Combien d’autres murs, combien d’autres stades ou bâtiments menacent-ils de s’écrouler sur des passants innocents ? L’accident au Nord-Kivu ne peut être relégué au rang de simple fait divers.

Alors que Beni pleure ses deux écolières tuées, la question du suivi des chantiers publics devient incontournable. Il est grand temps que l’État et les maîtres d’ouvrage intègrent la protection des citoyens dans chaque étape des travaux. Sinon, le stade du 15 octobre restera le symbole amer d’une sécurité publique sacrifiée, et chaque matin, des parents craindront que le chemin de l’école ne se transforme en chemin de mort.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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