Le verdict des tribunaux est tombé comme un couperet pour les résidents du site Golf ISTM à Kolwezi. Leur action en justice, intentée dès le mois de février contre les menaces de démolition, n’a pas permis d’empêcher la destruction de leurs habitations. Depuis le mois de mars, ces centaines de familles sinistrées ont trouvé refuge sur le parvis de l’Assemblée provinciale du Lualaba, où elles survivent dans des conditions déplorables.
Privées de toit, allongées sur des matelas posés à même le sol, ces personnes – parmi lesquelles des enfants en bas âge et des vieillards – tentent d’organiser leur quotidien sans eau ni installations sanitaires. Les repas improvisés deviennent un luxe face à l’absence de soutien institutionnel.
Ces démolitions, exécutées par les autorités provinciales, s’inscrivent dans le cadre du projet de modernisation de l’aéroport de Kolwezi. L’objectif affiché est d’élargir la piste pour la conformer aux normes internationales. Les familles expulsées, pour leur part, assurent détenir des documents parcellaires en bonne et due forme, acquis auprès des services cadastraux habilités. Pourtant, aucune indemnisation pour cette démolition n’a été versée, et aucune mesure de relogement n’a été proposée.
« Nous avons présenté nos titres de propriété au juge. Malgré cela, notre recours est resté lettre morte », confie une victime sous le couvert de l’anonymat. L’échec de cette saisine judiciaire soulève de graves interrogations sur le respect des procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique. En droit congolais, toute opération de cette nature impose une indemnisation préalable, conformément aux principes constitutionnels. Or, dans le cas présent, cette obligation n’a pas été respectée, et le recours en justice au Lualaba s’est révélé impuissant.
La démolition de Kolwezi n’est pas un fait isolé. Elle illustre les tensions croissantes entre les impératifs de développement et la protection des droits fonciers des citoyens, particulièrement au Lualaba où l’exploitation minière avive la pression sur les terres. Comment une province, pourtant riche en cuivre et cobalt, peut-elle laisser ses ressortissants croupir dans un tel dénuement sans réaction judiciaire efficace ?
L’absence de recours effectif interpelle également la communauté internationale. Des organisations de défense des droits humains, alertées, pourraient se saisir du dossier pour documenter ces expulsions forcées. En attendant, les familles sans abri du Lualaba continuent de dormir sous les étoiles, espérant une hypothétique intervention des plus hautes instances.
L’exécutif provincial, sollicité, reste muet sur les suites à donner. Les sinistrés envisagent désormais de porter l’affaire devant la Cour suprême ou de se tourner vers les mécanismes régionaux de protection des droits de l’homme. Leur détermination reste intacte : obtenir réparation et, surtout, faire reconnaître leurs droits bafoués par cette démolition expéditive.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
