AccueilActualitéInternationalRDC-Ouganda : six accords pour la sécurité des Grands Lacs

RDC-Ouganda : six accords pour la sécurité des Grands Lacs

Et si la réponse aux insécurités persistantes dans la région des Grands Lacs passait par une poignée d’accords stratégiques ? Kampala a été le théâtre, ce lundi 11 mai, d’un rapprochement majeur entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Six accords bilatéraux, couvrant des secteurs allant de la défense à l’économie en passant par l’exploitation des ressources transfrontalières, ont été signés en présence des présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni. Cette signature solennelle est intervenue au lendemain de la clôture de la 9e session de la Commission permanente mixte RDC-Ouganda, qui s’est tenue du 8 au 10 mai.

Ces six accords RDC-Ouganda ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent de trois jours de travaux intenses entre experts des deux pays, répartis en quatre sous-commissions : politique et diplomatie, défense et sécurité, économie, ainsi que commerce et transport. L’objectif affiché est double : consolider une coopération bilatérale déjà existante et apporter des réponses concrètes aux défis sécuritaires qui minent la région des Grands Lacs.

Pour John Mulimba, Ministre d’État ougandais aux Affaires étrangères chargé de la coopération régionale, cette dynamique dépasse le simple cadre diplomatique. « Nous sommes liés par l’histoire », a-t-il déclaré, soulignant que les frontières actuelles ne sauraient effacer les liens profonds entre les peuples congolais et ougandais. Selon lui, partager le renseignement et mener des opérations conjointes constitue le point de départ obligé pour diagnostiquer les problèmes communs, avant de les traiter à travers des mécanismes de défense.

La coopération bilatérale RDC-Ouganda a déjà fait ses preuves sur le terrain. Les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) mènent depuis plusieurs mois des opérations conjointes contre les terroristes des ADF, responsables de violences meurtrières au Nord-Kivu et en Ituri. Le ministre Mulimba n’a pas manqué de rappeler que ces efforts communs ont permis d’affaiblir les groupes insurgés opérant des deux côtés de la frontière, même si la menace reste pesante. La sécurité des Grands Lacs demeure ainsi au cœur des préoccupations des deux États.

Mais la sécurité ne saurait prospérer sans développement. C’est la conviction martelée par Kampala comme par Kinshasa. Les ressources transfrontalières, notamment les lacs Édouard et Albert, sont une richesse que les deux pays entendent exploiter ensemble, de la pêche aux hydrocarbures. « Nous disposons déjà d’une organisation commune pour la pêche et l’agriculture autour de ces lacs », a précisé John Mulimba, avant d’évoquer les ressources pétrolières qui imposent une gestion concertée. Ce lien intime entre sécurité et développement est désormais gravé dans les nouveaux accords.

Le message politique est tout aussi limpide : les bénéficiaires de ces accords doivent être les citoyens ordinaires. À écouter le ministre ougandais, il ne s’agit pas simplement d’empiler des mémorandums, mais de s’attaquer aux problèmes concrets qui affectent les communautés frontalières. « Nous exerçons nos responsabilités au nom des populations afin qu’elles puissent jouir de leur liberté et prospérer », a-t-il insisté. Cette dimension humaine vient équilibrer la froideur des textes diplomatiques.

La signature en présence des chefs d’État Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni donne à ces engagements une impulsion politique forte. Elle intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par la détérioration persistante des relations entre la RDC et le Rwanda, que Kinshasa accuse de soutenir la rébellion de l’AFC/M23. Ce rapprochement avec l’Ouganda peut donc être lu comme une réorientation stratégique de la diplomatie congolaise dans la région des Grands Lacs, en quête d’alliés fiables pour garantir sa sécurité et son développement.

Reste à transformer ces accords en réalités tangibles. Les précédentes sessions de la Commission mixte avaient déjà formulé des recommandations dont le bilan d’exécution était attendu à Kampala. L’enjeu, désormais, est de dépasser les déclarations d’intention pour offrir aux populations congolaises et ougandaises la paix et la prospérité promises. La route est encore longue, mais les six textes paraphés ce jour marquent indéniablement une étape cruciale dans la coopération bilatérale RDC-Ouganda.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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