Paris s’apprête à accueillir un rendez-vous décisif pour l’avenir hydrique du continent. Du 19 au 22 mai 2026, la Semaine africaine de l’UNESCO 2026 posera la question cruciale : comment garantir une disponibilité durable de l’eau et un assainissement sûr pour tous les Africains ? Cette année, c’est la République démocratique du Congo qui endosse la présidence de cette plateforme multilatérale de premier plan, transformant le siège de l’organisation en véritable agora de la diplomatie africaine.
Portée par le Groupe Afrique de l’UNESCO, la Semaine africaine est bien plus qu’une simple commémoration de la Journée de l’Afrique du 25 mai. « Cette rencontre est devenue une plateforme de diplomatie multilatérale africaine mobilisant les domaines de compétence de l’UNESCO », souligne le compte rendu du Conseil des ministres du 8 mai. L’édition 2026 se déroulera sous le thème : « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ». Un choix qui résonne comme un appel à l’action face aux défis climatiques et sanitaires.
La présidence RDC UNESCO n’a rien d’anodin. Kinshasa dispose d’un potentiel hydrique considérable – le pays abrite plus de la moitié des réserves d’eau douce de l’Afrique centrale – mais reste confronté à des lacunes criantes en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. En acceptant de piloter cette manifestation, le gouvernement de Félix Tshisekedi cherche-t-il à transformer ce paradoxe en levier diplomatique ? C’est en tout cas le message porté par la ministre d’État Raïssa Malu, qui a présenté la note d’organisation au Conseil des ministres.
Raïssa Malu, également ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, a détaillé les contours d’un programme ambitieux. Au-delà des conférences de haut niveau et des panels scientifiques, l’événement mettra un accent particulier sur la jeunesse, la citoyenneté et la valorisation du patrimoine culturel africain. Une dimension chère à la RDC, qui entend montrer qu’elle ne se résume pas à ses ressources naturelles, mais qu’elle est aussi un carrefour d’idées et de créativité.
La préparation de cette Semaine africaine UNESCO 2026 a fait l’objet d’une concertation intergouvernementale inédite. Bien avant le Conseil des ministres du 8 mai, la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner a réuni autour d’elle Raïssa Malu et Yolande Elebe Ma Ndembo, ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine. Des experts de l’UNESCO ont également participé à ces travaux préparatoires, signe que la gestion durable eau Afrique ne pourra se concrétiser qu’au prix d’une synergie étroite entre secteurs.
Le thème de l’eau relie directement les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine aux Objectifs de développement durable. En inscrivant l’événement dans cette séquence stratégique, Kinshasa mise sur la diplomatie africaine pour attirer l’attention des bailleurs et des institutions spécialisées. Les discussions aborderont des sujets aussi concrets que la résilience climatique, la santé publique et la gouvernance des bassins transfrontaliers. Des manifestations culturelles ponctueront les débats, illustrant comment les sociétés traditionnelles africaines ont toujours vécu en symbiose avec l’eau.
Alors que certains observateurs pourraient y voir un simple exercice protocolaire, l’enjeu est bien plus substantiel. La RDC, qui peine parfois à peser dans les instances multilatérales, a là une occasion rare de démontrer son leadership sur un dossier vital pour l’ensemble du continent. À l’heure où la pression sur les ressources hydriques s’intensifie partout dans le monde, la Semaine africaine UNESCO 2026 pourrait propulser la question de l’eau au premier rang des priorités diplomatiques africaines. Une chose est sûre : du 19 au 22 mai, tous les regards seront tournés vers Paris et vers la présidence congolaise.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
