Comment garantir que chaque franc congolais dépensé par l’État serve réellement l’intérêt général ? Dans un pays où les détournements de fonds publics restent un fléau, la maîtrise des procédures de passation des marchés apparaît comme un rempart décisif. C’est dans cette optique que la formation marchés publics RDC, fruit d’une collaboration inédite entre l’Office Congolais de Contrôle (OCC) et l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), a été ouverte ce lundi 11 mai 2026 à Kinshasa, à l’immeuble du Cinquantenaire. La Directrice Générale ad intérim de l’OCC, Madame Christelle MUABILU, a présidé la cérémonie, devant un parterre de cadres et d’experts.
L’événement a réuni le Directeur Général de l’ARMP, son cabinet, des formateurs chevronnés et les agents de l’OCC. Dans son allocution, le Chef du Département de Logistique et Secrétaire permanent a.i. de la Cellule de gestion des projets et des marchés publics de l’OCC a qualifié cette session de « stratégique », soulignant qu’elle s’inscrit dans la modernisation de la gestion administrative et financière de l’organe de contrôle. « Investir dans le capital humain, c’est garantir une gouvernance transparente », a-t-il martelé, fixant le cap des dix jours de travaux.
Le patron de l’ARMP a rappelé que la formation est l’une des missions cardinales de son institution. « Dans un environnement réglementaire en perpétuelle mutation, maîtriser les étapes de la commande publique – de la planification à l’exécution – n’est plus une option, mais une obligation de survie institutionnelle », a-t-il déclaré. Décortiquant le cadre juridique national, il a insisté sur l’acquisition de « réflexes d’éthique et d’efficacité » pour éviter les annulations de marchés, les contentieux et la gabegie financière qui plombe l’économie. Les procédures passation marchés y sont décryptées dans leurs moindres détails.
Prenant la parole en dernier, Madame Christelle MUABILU a placé cette initiative sous le signe de la reconnaissance envers le Président Félix Tshisekedi, la Première Ministre Judith Suminwa et le Ministre du Commerce Extérieur Julien Paluku, dont l’accompagnement stratégique sous-tend les réformes. « Les marchés publics sont le cœur battant de la commande publique ; s’ils sont mal gérés, c’est tout l’organisme étatique qui s’affaiblit », a-t-elle imagé. Elle a exhorté les participants à une assiduité sans faille : « Ces dix jours ne doivent pas être une parenthèse théorique, mais un tremplin pour une révolution silencieuse dans nos pratiques. »
Cette formation marchés publics RDC représente bien plus qu’un simple renforcement de capacités. Elle incarne une volonté politique de muscler la redevabilité. En dotant les agents de l’OCC d’une expertise pointue sur les procédures passation marchés, on crée un cercle vertueux : acquisitions mieux planifiées, appels d’offres transparents, fournisseurs traités équitablement, et in fine des infrastructures et services publics de meilleure qualité. L’impact macroéconomique est direct : réduction des surcoûts, meilleure absorption budgétaire et climat des affaires assaini, susceptible d’attirer les investisseurs.
Les travaux, étalés du 11 au 21 mai 2026, alterneront théorie et cas pratiques. Un brevet récompensera les plus méritants, une reconnaissance qui pourrait faire école. « Si toutes les administrations adoptaient une telle démarche, la RDC basculerait dans une ère de transparence radicale », confie un expert. Car la véritable épreuve ne se déroule pas en salle, mais dans les actes quotidiens. Comme l’a rappelé Christelle MUABILU, citant un adage économique : « On ne gère bien que ce que l’on maîtrise. » L’OCC, en misant sur la formation, joue une carte gagnante pour l’avenir de la gouvernance publique congolaise.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
