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Berne : Odiane Lokako, la voix de la jeunesse congolaise face à Ignazio Cassis

« J’ai un diplôme, mais toujours pas de travail. » Ce cri du cœur, Odiane Lokako l’a entendu mille fois dans les rues de Kinshasa. Des milliers de jeunes Congolais sortent chaque année des universités, parchemins en main, pour se heurter à un mur : celui d’un marché de l’emploi incapable d’absorber leurs compétences, faute de formations pratiques adaptées. Un paradoxe cruel dans un pays où les métiers techniques peinent à recruter. Et pourtant, au cœur de cette désillusion, une femme refuse de baisser les bras. Elle vient de franchir une nouvelle étape à Berne, là où se décident certaines coopérations internationales.

C’est au Palais fédéral, siège du gouvernement suisse, qu’Odiane Lokako a été reçue ce lundi 11 mai 2026 en audience officielle par Ignazio Cassis, conseiller fédéral en charge des Affaires étrangères. Accompagnée de son époux Romain Felber, la présidente de la Fondation Lokako by Elcos a porté bien plus qu’un dossier : elle a porté l’espoir de toute une jeunesse congolaise en quête d’opportunités. Face au diplomate helvétique, elle a plaidé pour une coopération renforcée autour de l’entrepreneuriat, de l’innovation, mais surtout de la formation professionnelle en RDC, ce maillon si souvent oublié des politiques publiques.

Ignazio Cassis a présenté la stratégie suisse pour l’Afrique, bâtie sur l’excellence, la valorisation des compétences et l’apprentissage. Un modèle qui fait écho au combat quotidien d’Odiane Lokako. Car comment espérer une croissance durable quand des milliers de diplômés en économie ou en droit ignorent tout des métiers de la plomberie, de l’électricité ou de l’assistanat, pourtant si porteurs ? Peut-on parler d’émergence sans une jeunesse armée techniquement et mentalement ?

Depuis des années, cette femme d’affaires a fait de la jeunesse congolaise son unique cheval de bataille. À travers le mouvement citoyen Bekeso et la campagne « Force Collective », elle sillonne les universités pour éveiller les consciences. « Guérir, avancer, leadership » : ce slogan n’est pas qu’une formule. Lors de ses passages à la Haute École de Commerce ou à l’Université Catholique du Congo, Odiane Lokako ne se contente pas de discours ; elle amène avec elle des modèles de réussite, des entrepreneurs comme Jean-Philippe Waterschoot du groupe TEXAF, pour démontrer que la réussite est possible en RDC. Elle crée des ponts entre les étudiants et le secteur privé, consciente que l’excellence ne se décrète pas, elle se provoque.

Mais au-delà des mots, il faut des actes. C’est pourquoi sa Fondation a soutenu, en février 2026, la formation certifiante de près de 100 jeunes au métier d’assistanat personnel à Silikin Village. Une initiative concrète qui répond à une demande réelle du marché de l’emploi. Là où d’autres se contentent de pointer les failles du système éducatif, Odiane Lokako agit. Elle multiplie les rencontres avec des partenaires institutionnels, des entreprises, des centres de formation, pour créer des filières de stages, de mentorat et d’insertion professionnelle.

L’audience à Berne n’est donc pas une fin en soi. Elle est le prolongement international d’une vision nationale : faire de la jeunesse congolaise non plus un fardeau démographique, mais le premier gisement de richesses du pays. « La jeunesse représente la plus grande richesse du Congo », répète-t-elle souvent. Une richesse qui, pour l’instant, reste enfouie sous la poussière des promesses politiques non tenues. Pourtant, face à Ignazio Cassis, Odiane Lokako a incarné le visage d’une génération qui ne veut plus dépendre des seuls diplômes universitaires, mais qui exige des compétences, un patriotisme actif et une insertion économique réelle.

Alors que la Suisse repense son aide au développement, cette rencontre pourrait-elle enfin accoucher de partenariats concrets ? Les jeunes de Kinshasa, Goma ou Lubumbashi méritent mieux que des accords froids signés dans des palais dorés. Ils ont besoin de formateurs, d’ateliers, d’entreprises prêtes à leur ouvrir les portes. L’engagement d’Odiane Lokako, lui, est déjà une réponse. Une réponse de femme pressée d’offrir à la RDC autre chose que le chômage comme horizon indépassable.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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