AccueilActualitéSantéKindu : Et si ces médicaments n'étaient jamais arrivés ?

Kindu : Et si ces médicaments n’étaient jamais arrivés ?

Imaginez un instant que les eaux montent, emportant tout sur leur passage : habitations, espoirs, et surtout, l’accès aux soins de santé les plus basiques. C’est le scénario auquel ont été confrontés des milliers d’habitants des communes de Mikelenge, Alunguli et Kasuku, à Kindu, dans la province du Maniema. Mais une lame de fond, cette fois positive, est venue renverser la tendance. Mardi 12 mai dernier, le Mouvement international des droits de l’enfant, de la femme et de l’homme pour leur promotion sociale (MIDEFEHOPS) a lancé, au centre de santé de Basoko, une distribution de kits médicaux qui pourrait bien sauver des vies. Un simple geste logistique ? Loin de là. C’est une réponse chirurgicale à une crise sanitaire aggravée par les inondations fluviales qui ont frappé la ville.

Pour comprendre l’urgence de cette distribution de médicaments antipaludiques Kindu, il faut remonter le fil de cette catastrophe naturelle. Les inondations ne sont pas que des eaux qui montent : elles sont le terreau fertile de maladies hydriques, de prolifération des moustiques et donc du paludisme. Le Dr Alexis Choma, ministre provincial de la Santé, présent lors du lancement, a insisté sur l’objectif noble de cette initiative : « Ces médicaments vont soulager tant soit peu. Nous n’avons pas donné ces médicaments pour servir les non-riverains. Ces médicaments vont servir la population riveraine. » Une mission claire, presque vitale, qui rappelle que la santé des sinistrés est souvent la grande oubliée des bilans post-catastrophe.

La distribution kits médicaux Maniema n’est pas tombée du ciel par hasard. Elle s’inscrit dans un projet financé par Start Ready / Start Network et exécuté par MIDEFEHOPS, avec un focus sur la réponse aux crises liées aux inondations Kindu. Au-delà du paludisme, le kit médical distribué est taillé pour affronter un spectre de pathologies : fièvre typhoïde, maladies hydriques, mais aussi prise en charge des survivants de violences basées sur le genre. Hugues Katembo, superviseur du projet, décrit un appui médical « qui prend plusieurs pathologies », comme un couteau suisse de la santé d’urgence. Une polyvalence d’autant plus remarquable que les structures ciblées n’avaient plus les moyens de traiter les malades. Pour preuve, Jacqueline Ndoromo, responsable du centre de santé Basoko, ne cache pas son soulagement : « Ces médicaments arrivent au bon moment. On avait besoin des médicaments pour traiter les maladies. »

Savez-vous ce qui se passe dans un centre de santé quand les étagères sont vides ? La confiance s’érode, les patients désertent, et les complications évitables se transforment en drames silencieux. À Basoko, Lumbulumbu et Sokolo, trois centres situés dans la commune d’Alunguli, cette dotation est comme une première pluie après une longue sécheresse sanitaire. Elle permet de rétablir un début de normalité, d’absorber le flux de patients et d’éviter que des pathologies banales ne virent au cauchemar. Et quand on sait que le paludisme reste la première cause de mortalité infantile en République démocratique du Congo, chaque dose d’antipaludique distribuée est une victoire contre les statistiques funestes.

Mais cette action s’apparente-t-elle à un simple pansement sur une plaie ouverte ? La question mérite d’être posée. La zone sinistrée reste fragile, les infrastructures précaires, et les flambées épidémiques menacent. L’approche concertée entre le gouvernement provincial et les ONG, incarnée ici par MIDEFEHOPS, montre la voie : il ne s’agit pas seulement de donner des médicaments, mais de les donner là où ça compte, quand ça compte, et pour ceux qui en ont réellement besoin. Le ministre Choma le martèle d’ailleurs avec justesse : « Ces médicaments vont servir la population riveraine. » Pas de dispersion, pas de détournement. C’est une piqûre de rappel pour tous les acteurs humanitaires : la logistique sans ciblage, c’est comme une pirogue sans pagaie. Elle va nulle part.

En parallèle, l’inclusion des survivantes de violences basées sur le genre dans ce paquet de soins rappelle que les crises humanitaires amplifient les vulnérabilités. En temps d’inondation, quand les foyers éclatent et que la promiscuité augmente, la violence domestique et les agressions sexuelles explosent. En prenant en charge ces victimes, le projet ne soigne pas que des corps fiévreux, il redonne un souffle de dignité humaine. C’est un cercle vertueux qui transforme une distribution de médicaments antipaludiques Kindu en un véritable filet social de survie.

Finalement, que faut-il retenir de cette matinée du 12 mai au centre de santé de Basoko, où l’émotion se mêlait aux cartons de distribution kits médicaux Maniema ? Que l’urgence n’efface pas toujours la solidarité, et que chaque habitant de Kindu, même le plus isolé, mérite d’avoir accès à un traitement. Les sinistrés ne sont pas que des statistiques de crise, ce sont des mères, des enfants, des pères qui, sans ces antipaludiques, auraient vu leur état de santé se dégrader inexorablement. Aujourd’hui, grâce à MIDEFEHOPS et à la réactivité du réseau Start, un pont a été jeté entre la détresse et l’espoir. Reste à veiller à ce que ce pont ne s’effondre pas sous le poids des prochaines pluies.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

Commenter
Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Are you human? Please solve:Captcha


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 12 Mai 2026

Le 12 mai 2026 en RDC : crise politique inédite au Maniema, signature d’accords sécuritaires majeurs avec l’Ouganda, tensions xénophobes en Afrique du Sud, explosion du braconnage au Virunga, éducation fragilisée à Djugu, paix continentale au cœur du sommet de Nairobi, et coup de filet policier à Lubumbashi. Restez au fait de l’essentiel en 3 minutes.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques