Peut-on imaginer une école sans salles de classe ? À Kiyungi, village du territoire de Kibombo dans la province du Maniema, cette situation est devenue le quotidien de 115 élèves. Depuis la mi-avril, les écoliers de l’école primaire Mwimbo errent entre les murs effondrés, privés du droit fondamental à l’éducation.
Le lundi 13 avril 2026, un vent d’une rare violence s’est abattu sur le village. Les toitures en chaume de trois salles de classe n’ont pas résisté. En quelques instants, c’est tout un pan de l’infrastructure scolaire qui s’est envolé, laissant derrière lui des murs fragilisés et des bancs abandonnés. Selon Aruna Hamadi, directeur de l’établissement, ces salles abritaient à elles seules 115 apprenants, un effectif gonflé par le succès de la gratuité de l’enseignement primaire instaurée par l’État.
Aujourd’hui, ces enfants sont condamnés au chômage scolaire. Certains errent dans le village, d’autres sont contraints d’aider aux tâches domestiques. Comment maintenir l’espoir quand l’école, dernier rempart contre l’ignorance, s’effondre littéralement ? Cette situation rappelle cruellement les fragilités des infrastructures scolaires dans les zones rurales congolaises. Alors que le gouvernement multiplie les efforts pour démocratiser l’accès à l’éducation, force est de constater que les bâtiments peinent à suivre. La destruction d’une salle de classe ne signifie pas seulement la perte d’un toit ; elle signifie l’interruption des rêves de dizaines d’enfants.
Dans le Maniema, province déjà marquée par des défis logistiques et un enclavement chronique, les intempéries transforment chaque saison des pluies en une menace pour l’éducation. L’école Mwimbo Kibombo est aujourd’hui le symbole de cette vulnérabilité. Avec 115 élèves sans salle, c’est tout un village qui voit son avenir compromis. Car derrière chaque élève se cache un projet de vie, une ambition, un futur citoyen.
Face à l’urgence, le directeur lance un appel vibrant aux autorités nationales et provinciales, mais aussi à toute personne de bonne volonté. « Reconstruire ces salles est une nécessité absolue », martèle-t-il. Au-delà de l’émotion, c’est une question de responsabilité collective : comment accepter que 115 élèves restent sur le carreau, alors que la gratuité scolaire leur a ouvert les portes du savoir ? Le contraste est saisissant entre l’ambition politique de scolarisation universelle et la réalité de terrains où les toits en paille s’envolent au premier coup de vent.
Pourtant, des solutions existent. Des matériaux durables, des constructions en dur adaptées au climat tropical, une mobilisation rapide des fonds publics et privés pourraient non seulement remettre sur pied l’école Mwimbo, mais aussi servir de modèle pour d’autres établissements vulnérables. L’éducation est un investissement, non une dépense. Chaque jour perdu pour ces 115 élèves est une cicatrice qui marquera durablement le développement de Kibombo et du pays tout entier.
En attendant, les salles de classe dévastées sont le symbole muet d’une promesse trahie. Mais le silence peut être brisé. Le geste d’une communauté, d’un élu ou d’un bienfaiteur suffirait à redonner vie à ces murs. Pour que 115 voix d’enfants ne se taisent pas, et que l’école Mwimbo redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un lieu de savoir, de rires et d’espoir. La destruction de salles de classe en RDC n’est pas une fatalité, c’est un défi à relever ensemble.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
