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GENOCOST à l’école : la RDC forme ses profs pour ne plus jamais oublier

Et si la salle de classe devenait le dernier rempart contre l’oubli ? Ce samedi 9 mai à Kinshasa, une initiative inédite a posé les premiers jalons d’une réponse concrète à cette question cruciale. Le gouvernement congolais, via le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, a officiellement lancé l’atelier de formation des formateurs centraux sur le narratif GENOCOST. L’objectif est aussi ambitieux que vital : intégrer l’histoire des génocides commis en République démocratique du Congo dans les programmes scolaires du primaire et du secondaire.

Cette démarche, orchestrée avec le soutien de la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) et du Fonds national des réparations (FONAREV), place la mémoire collective Congo au cœur de la réforme éducative. Pour François Kakese, coordonnateur exécutif de la CIA-VAR, il ne s’agit plus d’un débat mais d’une évidence. « Des génocides ont été commis et il faut désormais que la population en prenne connaissance, afin qu’une mémoire collective soit nourrie et maintenue », a-t-il martelé, rappelant que l’éducation constitue l’une des voies par excellence pour garantir les promesses de non-répétition de la justice transitionnelle.

Comment transmettre l’indicible aux jeunes générations ? C’est tout le défi de cette formation enseignants RDC qui s’étalera sur dix jours. Vingt-cinq inspecteurs et experts pédagogiques, présentés comme les futurs « noyaux nationaux », ont la lourde responsabilité de transformer un narratif de douleur en outils de résilience et d’éveil citoyen. Le vice-ministre Théodore Kazadi, représentant la ministre d’État Raïssa Malu, a été on ne peut plus clair sur leur mission : « Vous allez harmoniser la compréhension du concept de Génocost, non seulement sous l’angle de la douleur, mais surtout sous l’angle de la résilience et du droit. Votre défi sera de transformer ce narratif en outils pédagogiques concrets destinés à nos enseignants. » L’intégration dans les curriculums est perçue comme un impératif de souveraineté, car un peuple qui ignore son passé est condamné à en revivre les affres.

L’enjeu dépasse le simple cadre pédagogique. Pour Kevin Ngunga Makiedi, Directeur général adjoint du FONAREV, cette intégration programmes scolaires est constitutive de la « culture de la mémoire » et des réparations dues aux victimes. L’institution, forte de sa documentation de terrain, entend fournir des éléments factuels et vérifiables pour nourrir ce nouveau module éducatif. « Un pays ou une génération qui ne connaît pas son histoire est appelé à répéter les affres de ce qu’il a connu », a-t-il averti. Dès lors, quel meilleur moyen de consolider la paix que de créer, dès juin prochain, des clubs citoyens au sein des écoles, comme l’a annoncé le gouvernement ?

Cette initiative nationale est la pierre angulaire d’une stratégie plus vaste. Elle s’inscrit dans la feuille de route GENOCOST 2026 et répond à une vision présidentielle claire : faire du 2 août, consacré Journée nationale du GENOCOST par la loi, bien plus qu’une date commémorative. L’ambition est de faire du génocide congolais école un creuset pour une nouvelle citoyenneté. Alors que la RDC poursuit son plaidoyer pour une reconnaissance internationale de ces crimes économiques, c’est d’abord en interne que la conscience nationale doit s’enraciner. La salle de classe devient ainsi le premier champ de bataille diplomatique pour la vérité, où l’on formera non seulement des élèves instruits, mais aussi les premiers ambassadeurs d’une mémoire nationale réconciliée et éveillée.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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