Assis sur le béton froid devant le siège du gouvernorat du Haut-Katanga à Lubumbashi, Paul Byamungu serre son enfant de trois mois. Autour de lui, près de 180 familles déplacées de guerre survivent dans un sit-in désespéré. Depuis le 20 avril, elles campent ici, exigeant une aide humanitaire d’urgence après plus de cinq mois sans toit ni secours. Ces familles déplacées RDC, venues des provinces en conflit de Goma et Bukavu, ont tout perdu en fuyant les violences.
« Nous sommes 181 familles… sans rien manger, sans rien boire. Nous avons des bébés de moins de 3 mois. C’est un calvaire. Pas d’eau, pas de nourriture, pas de soins, ni de toilettes », témoigne Paul Byamungu, représentant des déplacés. Leur sit-in à Lubumbashi est un cri de détresse face à l’indifférence. Après une longue errance, elles se sont heurtées à des promesses non tenues des autorités locales et des ONG. Comment un tel dénuement est-il possible au cœur d’une grande ville ?
La première nuit à la belle étoile a exposé enfants et adultes aux intempéries et à l’insécurité. Les conditions de vie sont alarmantes : absence d’infrastructures de base, risques sanitaires croissants, fatigue extrême. La société civile craint une dégradation rapide de l’état de santé des plus vulnérables, surtout les enfants. Où est passée l’aide humanitaire Haut-Katanga promise à ces déplacés de guerre ? Leur situation illustre une crise humanitaire Lubumbashi qui s’aggrave en silence.
Ce n’est pas leur première tentative. En mars, un sit-in similaire devant l’Assemblée provinciale était resté sans réponse. Aujourd’hui, elles demandent au gouverneur du Haut-Katanga d’intervenir personnellement pour fournir nourriture, couvertures et soins. Mais le silence des autorités persiste, accentuant le sentiment d’abandon. Combien de temps encore ces familles devront-elles supplier pour obtenir le strict nécessaire ?
Cette inaction questionne la gestion des déplacés internes en RDC. Le pays dispose-t-il de mécanismes efficaces pour accueillir ses citoyens fuyant la guerre ? L’absence de réponse coordonnée révèle des failles béantes dans la solidarité nationale. Les organisations sur le terrain, souvent débordées, peinent à combler le vide laissé par les institutions. Pourtant, l’urgence est vitale : sauver des vies immédiatement.
Le sit-in Lubumbashi est un symbole fort de la détresse des populations civiles prises entre conflits et indifférence. Il rappelle que la crise humanitaire ne se limite pas aux zones de combat ; elle suit les déplacés dans leur exil. Ignorer ces familles, c’est renier l’humanité commune. La société locale, émue par leur calvaire, commence à se mobiliser, mais l’effort reste insuffisant sans un engagement des pouvoirs publics.
En conclusion, une réponse immédiate s’impose. Les autorités provinciales doivent sortir du silence, dialoguer avec les représentants, et débloquer des ressources d’urgence. La communauté internationale doit aussi soutenir ces efforts. Car derrière les statistiques, ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Le sort des familles déplacées RDC est un test pour la conscience collective et la capacité du pays à protéger les siens. Le temps presse.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
