La matinée du lundi 18 mai a été déchirée par de violents affrontements à Chanjikiro, localité du groupement Kisimba, dans le territoire de Walikale. Les rebelles de l’AFC/M23, venus d’Ihula, ont lancé une offensive d’envergure contre les positions tenues par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés Wazalendo. L’objectif était clair : étendre leur zone d’influence dans cette partie déjà fragilisée du Nord-Kivu. Très vite, le crépitement des armes légères et le souffle sourd des armes lourdes ont plongé la zone dans une atmosphère de terreur.
Des dizaines de familles, surprises en pleine routine, n’ont eu d’autre choix que de fuir dans la brousse environnante. Les détonations, qui ont résonné pendant de longues minutes, ont semé une psychose généralisée au sein de la population civile. Jusqu’où peut aller l’audace de ces groupes armés quand la sécurité du Nord-Kivu demeure si précaire ? La question mérite d’être posée, tant les civils sont une fois de plus les premières victimes de ces violents affrontements.
Selon des sources sécuritaires qui ont confirmé l’attaque, les FARDC et les Wazalendo ont opposé une riposte énergique. Les combats, d’une rare intensité, ont duré plusieurs heures avant que les assaillants ne soient contraints de se replier. L’AFC/M23 a dû regagner Ihula, sa base de départ, laissant derrière elle un paysage marqué par la peur et l’incertitude. Aucun bilan humain précis n’a encore été communiqué, mais les dégâts matériels seraient considérables.
À Chanjikiro, un calme précaire est observé depuis le repli rebelle. Pourtant, les habitants restent terrés en brousse, trop effrayés pour regagner leurs habitations. Le spectre d’une nouvelle incursion plane toujours. Les forces loyalistes maintiennent leurs positions, mais la tension est palpable. Ce nouvel épisode rappelle cruellement que la région de Walikale demeure un point chaud de l’insécurité dans l’est de la RDC, malgré les efforts répétés pour y rétablir l’autorité de l’État.
Les violents affrontements de ce lundi s’inscrivent dans une série d’actions offensives de l’AFC/M23 qui, depuis plusieurs semaines, tente de grignoter du terrain dans les territoires voisins. Chanjikiro, par sa position stratégique, représente un verrou que les rebelles cherchent visiblement à faire sauter. La détermination des FARDC et des Wazalendo a, pour l’heure, permis de préserver ce point d’ancrage. Mais pour combien de temps encore ? La sécurité du Nord-Kivu reste suspendue à un fil, et chaque accrochage ravive les craintes d’une déstabilisation plus large.
Les autorités militaires n’ont pas encore livré de communication officielle, mais des renforts auraient été acheminés vers la zone pour prévenir toute nouvelle tentative. La population, elle, appelle à une présence sécuritaire permanente. Dans les villages alentour, l’inquiétude grandit. Les déplacements sont réduits au strict minimum, et les activités agricoles, vitales pour la survie locale, sont à l’arrêt. La crise humanitaire qui s’enracine en silence risque de passer inaperçue si la communauté internationale ne tourne pas son regard vers ce coin meurtri du Nord-Kivu.
Alors que le soleil s’est couché sur Chanjikiro, les hommes en armes veillent. Le silence apparent ne saurait faire oublier que la menace reste entière. Les violents affrontements de ce lundi ne seront peut-être qu’un prélude si des mesures décisives ne sont pas prises pour garantir durablement la sécurité du Nord-Kivu et protéger ceux qui n’aspirent qu’à vivre en paix.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
