Une motion d’information a été déposée vendredi 15 mai 2026 à l’Assemblée nationale par la députée Micheline Mpundu, élue de la circonscription de Kasenga (Ensemble pour la République). Cette initiative parlementaire vise à dénoncer une attaque armée perpétrée dans la nuit du 13 au 14 mai contre le couvent des Frères Xavériens et l’école Saint-Joseph Cisaniko, situés dans la province du Haut-Katanga.
Selon le récit des faits, des hommes armés non identifiés ont fait irruption au sein de ces infrastructures religieuses et scolaires. Les vitres du couvent et de l’établissement ont été fracassées. Des manuels scolaires, des documents administratifs ainsi que des biens meubles ont été saccagés ou emportés. La communauté des Frères Xavériens a été plongée dans une profonde panique. Au-delà du traumatisme immédiat, ce sont plus de 1 700 élèves de l’école Saint-Joseph Cisaniko qui se retrouvent privés d’un cadre d’apprentissage sécurisé. L’attaque de Kasenga constitue une menace directe pour le droit à l’éducation dans cette partie du territoire.
Comment une telle violence a-t-elle pu frapper un lieu de foi et de savoir, censé être sanctuarisé ? La députée Micheline Mpundu a établi un bilan matériel et psychologique alarmant. « Ces incidents malheureux ont causé non seulement la panique mais aussi le traumatisme dans le chef des Frères Xavériens », a-t-elle déclaré depuis l’hémicycle. Les dégâts sont tels que la reprise normale des activités scolaires est compromise, plongeant des centaines de familles dans l’incertitude.
La parlementaire a pointé du doigt les défaillances du dispositif sécuritaire local. Elle s’interroge : malgré les nombreuses barrières militaires visibles à travers la cité de Kasenga, comment des inciviques ont-ils pu opérer sans être inquiétés ? L’inefficacité des mesures de protection est criante, et la population commence à douter de la capacité des forces de l’ordre à assurer leur mission régalienne.
Face à cette situation, Micheline Mpundu sollicite l’intervention urgente du Bureau de l’Assemblée nationale. Ses exigences sont claires : réhabiliter sans délai les infrastructures scolaires et religieuses endommagées ; dédommager intégralement les Frères Xavériens pour les biens détruits ou volés ; rappeler fermement à l’ordre les services de sécurité, en particulier la Police nationale congolaise, quant à leur obligation de protéger les personnes et leurs biens. La motion d’information réclame également l’ouverture immédiate d’une enquête parlementaire pour identifier les responsables de l’attaque et établir toute la lumière.
Le gouvernement est désormais sous pression. Alors que l’insécurité gagne du terrain dans plusieurs territoires, le drame de Kasenga pourrait bien servir de test pour évaluer la volonté des autorités à restaurer l’autorité de l’État et la confiance des citoyens. Les Frères Xavériens, quant à eux, attendent des actes concrets, au-delà des condamnations de principe. En attendant, l’école Saint-Joseph Cisaniko reste fermée, et le couvent garde les stigmates de la violence. L’enquête parlementaire, si elle est diligentée, devra répondre à ces questions.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
