Kindu, 13 mai 2025 – Le mardi 12 mai, le Mouvement international de droit de l’enfant, de la femme et de l’homme pour leur promotion sociale (MIDEFEHOPS) a donné le coup d’envoi d’une distribution de kits médicaux antipaludéens au centre de santé de Basoko, dans la commune d’Alunguli à Kindu (Maniema). Une initiative qui arrive à point nommé dans une ville encore marquée par les récentes inondations fluviales, lesquelles ont exacerbé les risques sanitaires.
Ce geste concret, financé par le mécanisme Start Ready du réseau Start Network, s’inscrit dans un projet de réponse aux crises liées aux inondations. Il couvre les communes de Mikelenge, Alunguli et Kasuku, mais ce sont les centres de santé de Basoko, Lumbulumbu et Sokolo, dans la commune d’Alunguli, qui ont été les premiers servis. Des établissements qui, jusque-là, peinaient à faire face à l’afflux de patients faute de moyens.
Les inondations ne se contentent pas de dévaster les habitations. Elles transforment chaque flaque d’eau stagnante en un bouillon de culture pour les moustiques anophèles, vecteurs du paludisme. À Kindu, où la saison des pluies rime souvent avec recrudescence des cas, cette distribution de kits antipaludéens apparaît comme une course contre la montre pour éviter une flambée épidémique. Le paludisme Kindu n’est pas une fatalité, mais une conséquence directe de ces déséquilibres environnementaux.
Un cocktail pathologique favorisé par les eaux
Hugues Katembo, superviseur du projet au MIDEFEHOPS, l’a souligné : « Ce projet est un appui de prise en charge médicale qui prend plusieurs pathologies. » Parmi elles, la malaria, évidemment, mais aussi la fièvre typhoïde et les maladies hydriques comme le choléra. Autant de menaces qui prospèrent lorsque l’eau insalubre envahit le quotidien des populations. Les inondations Maniema, en particulier, ont laissé derrière elles un terrain fertile pour ces tueurs silencieux.
Lorsqu’on interroge Jacqueline Ndoromo, responsable du centre de santé de Basoko, son soulagement est palpable : « Ces médicaments arrivent au bon moment. On avait besoin de médicaments pour traiter les maladies. » Elle témoigne de longues semaines où son centre fonctionnait avec des étagères presque vides, incapable de soulager correctement les fièvres palustres qui touchent notamment les enfants et les femmes enceintes. Ces centres de santé Kindu, souvent en première ligne, attendaient ce soutien depuis des mois.
Soigner, mais aussi protéger les plus vulnérables
Au-delà des pathologies physiques, le projet comporte un volet sensible : la prise en charge des survivants de violences basées sur le genre. Une dimension invisible des crises humanitaires, mais bien réelle, que le MIDEFEHOPS a intégrée à sa réponse. Une approche holistique qui force le respect : on ne se contente pas de distribuer des comprimés, on restaure aussi la dignité.
Le ministre provincial de la Santé du Maniema, le Dr Alexis Choma, présent lors du lancement, a rappelé un principe fondamental : « Ces médicaments vont soulager tant soit peu. Nous n’avons pas donné ces médicaments pour servir les non-riverains. Ces médicaments vont servir la population riveraine. » Un message sans équivoque sur l’utilisation exclusive par les populations affectées, et une invitation à ne pas détourner ces ressources précieuses.
Que peut faire la population pour se protéger ?
Le paludisme reste l’une des premières causes de consultation et de mortalité infantile au Maniema. Si les kits distribués aujourd’hui sauveront des vies demain, la prévention reste l’arme la plus efficace. Chaque famille peut adopter des gestes simples : dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide, éliminer les eaux stagnantes autour des habitations, et consulter immédiatement en cas de fièvre. La distribution de kits médicaux à Kindu est un coup de pouce indispensable, mais elle ne remplacera jamais la vigilance quotidienne.
Les équipes du MIDEFEHOPS, avec l’appui de Start Network, continueront de sillonner les communes touchées pour assurer une couverture sanitaire digne de ce nom. Les centres de santé de Kindu, longtemps en première ligne démunis, respirent un peu mieux aujourd’hui. Mais le combat contre les maladies hydriques et le paludisme est loin d’être gagné. Et comme le rappelle un vieil adage médical : « Mieux vaut prévenir que guérir. » Surtout quand les pluies reviendront.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
