À Boma, dans la province du Kongo-Central, le quartier KM 3 s’est imposé comme le principal bastion de la production de briques cuites. Cette activité, exercée par de nombreux jeunes, constitue une réponse concrète au chômage et un levier économique local. Derrière les fours et les moules, des parcours individuels illustrent comment ce métier artisanal transforme des vies et soutient des ménages.
Un métier qui remplace l’absence d’emploi formel
Dans ce quartier de Boma, la fabrication de briques cuites est devenue une alternative au manque d’opportunités professionnelles. Les briquetiers, souvent des jeunes, y trouvent une source de revenus régulière, particulièrement pendant la saison sèche. Daniel Nkiama, l’un d’eux, explique que cette activité permet d’éviter des comportements à risque : « Chaque année, pendant la saison sèche, nous produisons des briques ici. Puisqu’il n’y a pas d’emploi, au lieu d’aller voler, nous gagnons un peu d’argent ici dans notre quartier. » Cette déclaration souligne le rôle social de ce travail, qui occupe une main-d’œuvre jeune et lui offre une dignité par le revenu.
Des revenus qui financent l’éducation et la famille
L’impact économique de cette activité se mesure dans la vie quotidienne des artisans. Célestin Bilonji témoigne des bénéfices concrets qu’il en retire : « Ce travail m’aide dans beaucoup de choses. Il m’a permis de payer mes études et de subvenir aux besoins de mon enfant, qui a aujourd’hui deux ans, sans difficulté. Grâce à ce travail, je n’envie personne, car cela ne sert à rien. » Ces propos montrent que la production de briques cuites ne se limite pas à une simple survie : elle finance l’éducation, assure les besoins familiaux et renforce l’estime de soi. Pour ces jeunes, chaque brique vendue représente une étape vers une plus grande autonomie financière.
Un appel au soutien pour renforcer la production
Malgré ces résultats encourageants, les entrepreneurs locaux font face à des limites matérielles. Ils souhaitent développer leurs activités et lancent un appel aux autorités pour obtenir un soutien en équipements. Cet appui leur permettrait d’augmenter leur capacité de production et de répondre à une demande croissante en matériaux de construction. Sans ce renfort, le potentiel de ce secteur reste sous-exploité, freinant ainsi les retombées économiques pour le quartier KM 3 et pour l’ensemble de la ville de Boma.
La production de briques cuites à Boma illustre comment une activité artisanale peut structurer une économie locale et offrir des perspectives à une jeunesse souvent laissée pour compte. Les témoignages des briquetiers mettent en lumière des réussites individuelles, mais aussi un besoin collectif d’investissement. Si les autorités répondent à cet appel, ce secteur pourrait devenir un moteur plus puissant de création d’emplois et de développement pour le Kongo-Central.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
