Dans la province du Haut-Uele, plus de dix mille personnes déplacées vivent depuis plus de trois mois sans assistance alimentaire ni médicale. Elles ont fui les attaques des rebelles ADF dans les territoires de Watsa et de Wamba. À la veille de la rentrée scolaire, leur situation illustre les conséquences sanitaires et sociales d’un déplacement prolongé.
Une crise humanitaire qui s’installe
Les attaques attribuées aux ADF depuis le mois de mai ont poussé des habitants des chefferies d’Andobi, de Kebo et de Mahaa à abandonner leurs villages. Selon des sources locales, ces déplacés ont tout laissé derrière eux. Ils manquent aujourd’hui de nourriture, de médicaments et de tout moyen de subsistance. Les familles d’accueil, elles-mêmes précaires, ne parviennent pas à répondre aux besoins. Cette situation crée un environnement où les risques sanitaires augmentent, notamment pour les enfants et les personnes âgées, plus vulnérables aux maladies liées à la malnutrition et au manque d’hygiène.
Des besoins essentiels non couverts
Joseph Kalema, activiste de la société civile du territoire de Watsa, déplore qu’aucune assistance du Gouvernement ni des organisations humanitaires ne soit parvenue dans ces zones depuis plus de trois mois. Cette absence d’aide expose les déplacés à des risques sanitaires accrus : malnutrition, maladies évitables et complications liées au manque de soins. Pour les enfants, l’absence de cantines scolaires ou de structures de santé à proximité aggrave la vulnérabilité. Sans accès à l’eau potable ni à des latrines adéquates, les risques de maladies hydriques comme la diarrhée ou le choléra deviennent préoccupants, surtout dans des zones où les infrastructures sont déjà limitées.
La rentrée scolaire compromise
À la veille de la rentrée scolaire, les déplacés expriment leur volonté de rentrer dans leurs villages. Ils demandent au Gouvernement de restaurer la paix et de garantir leur sécurité afin que leurs enfants puissent reprendre le chemin de l’école. La semaine dernière, le chef d’un groupement et ses neuf enfants ont été tués lors d’une attaque attribuée aux ADF, rappelant la persistance des menaces dans cette partie du Haut-Uele. Pour de nombreuses familles, l’éducation des enfants est devenue secondaire face à l’urgence de survivre, mais elle reste un facteur clé pour l’avenir de ces communautés.
Un retour conditionné à la sécurité
Les déplacés ne peuvent envisager un retour durable sans un rétablissement effectif de la sécurité. Les attaques continuent de provoquer de nouveaux déplacements. En attendant, l’absence d’aide humanitaire maintient des milliers de personnes dans une précarité qui affecte directement leur santé et l’éducation des enfants. La réponse des autorités et des partenaires humanitaires reste attendue pour éviter une dégradation supplémentaire. Une intervention rapide pourrait non seulement sauver des vies, mais aussi permettre aux enfants de reprendre une scolarité normale, essentielle à la stabilité à long terme de la région.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
