La capitale congolaise tourne au ralenti. Depuis le mardi 14 juillet, une grève générale des agents et cadres de l’administration publique urbaine paralyse les services essentiels de Kinshasa. À l’origine de ce mouvement, une exigence claire : le paiement d’au moins quatre mois sur les treize mois d’arriérés de salaires dus. Mais derrière ce chiffre, c’est la vie quotidienne de milliers de familles qui bascule.
Un dialogue rompu, une offre jugée inacceptable
L’Intersyndicale de l’administration publique urbaine de Kinshasa a durci le ton après l’échec des négociations avec l’Exécutif provincial. Réunis en assemblée générale extraordinaire, les syndicalistes ont rejeté la proposition des autorités provinciales, qui se limitaient à payer un seul mois d’arriérés. Une offre perçue comme une provocation par des travailleurs qui attendent leurs dus depuis plus d’un an. David Delord Luyeye, président de l’Intersyndicale, a mis en garde contre toute tentative de briser la grève, appelant à maintenir la mobilisation jusqu’à satisfaction des revendications.
Des familles prises au piège de la précarité
Le non-paiement des salaires plonge de nombreux ménages dans une situation sociale critique. Les agents concernés ne peuvent plus subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles. Cette précarité silencieuse touche des milliers de personnes, bien au-delà des seuls fonctionnaires. La grève, si elle paralyse l’administration, est aussi le cri d’une population qui ne voit plus d’autre issue pour se faire entendre.
Une administration à l’arrêt, des recettes en berne
Les conséquences du mouvement se font déjà sentir. Bureaux administratifs, divisions urbaines et régies financières fonctionnent au ralenti ou sont totalement à l’arrêt. La collecte des recettes publiques est perturbée, tout comme le traitement des dossiers administratifs. Un blocage qui pourrait avoir des répercussions en cascade sur les finances provinciales et la capacité de l’État à assurer ses missions de service public.
La mauvaise foi pointée du doigt
Les syndicalistes accusent l’Exécutif provincial de faire preuve de « mauvaise foi » et de ne pas respecter les engagements pris lors des précédentes discussions. Malgré plusieurs tentatives de dialogue, notamment avec le ministre provincial en charge de la Fonction publique, aucune solution durable n’a émergé. La confiance semble rompue entre les deux parties, et la grève pourrait s’installer dans la durée si aucun geste significatif n’est posé.
En attendant, Kinshasa retient son souffle. La paralysie administrative rappelle cruellement que derrière les chiffres des arriérés de salaires, il y a des vies suspendues à un fil. La responsabilité des autorités provinciales est aujourd’hui de trouver une issue à cette crise sociale avant qu’elle ne s’aggrave.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
