Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté, le mercredi 15 juillet 2026, le texte harmonisé de la proposition de loi portant principes fondamentaux relatifs à la pêche et à l’aquaculture. Ce vote, intervenu après l’examen du rapport de la commission mixte paritaire Assemblée nationale–Sénat, marque une étape décisive pour un secteur longtemps régi par des règles obsolètes. Concrètement, cette loi vise à remplacer un décret colonial de 1937, jugé inadapté, et à doter l’aquaculture d’un cadre législatif spécifique, inexistant jusqu’ici.
Un cadre juridique modernisé pour un secteur stratégique
Le texte adopté comprend 105 articles répartis en sept titres. Il fixe les principes devant encadrer les activités de pêche et d’aquaculture en RDC. L’objectif est double : favoriser le développement de ces filières tout en assurant une gestion durable des ressources naturelles. Pour les acteurs économiques, cela signifie une clarification des règles du jeu, indispensable pour attirer les investissements et structurer les chaînes de valeur. Jusqu’à présent, l’absence de législation moderne freinait la modernisation des infrastructures et la professionnalisation des métiers de la pêche.
Un vote unanime qui renforce la légitimité du texte
À l’issue du vote, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a indiqué que 76 sénateurs présents ont approuvé le texte, sans voix contre ni abstention, sur les 109 membres que compte la chambre haute du Parlement. Cette unanimité témoigne d’un consensus politique fort autour de la nécessité de réformer le secteur. Elle envoie un signal positif aux partenaires techniques et financiers, souvent réticents à s’engager dans un environnement juridique incertain. Pour les communautés de pêcheurs, cette loi pourrait se traduire par un meilleur accès aux financements et aux programmes d’appui.
Des retombées attendues pour l’économie et la sécurité alimentaire
La pêche et l’aquaculture représentent un potentiel économique considérable en RDC, pays doté d’un vaste réseau hydrographique. En modernisant le cadre légal, les autorités espèrent stimuler la production halieutique, réduire la dépendance aux importations de poisson et créer des emplois. La gestion durable des ressources, inscrite dans la loi, vise à prévenir la surexploitation des stocks, un enjeu crucial pour la sécurité alimentaire des ménages congolais. Les effets concrets dépendront toutefois de la mise en œuvre effective des dispositions et de la mobilisation des moyens nécessaires.
L’adoption de cette loi constitue une avancée majeure pour un secteur longtemps négligé. Elle offre une base légale pour moderniser les pratiques, protéger les écosystèmes aquatiques et améliorer les conditions de vie des populations riveraines. Reste à transformer ce cadre juridique en progrès tangibles sur le terrain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
