Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a enregistré 199 civils tués entre avril et juin 2026, selon un rapport de l’ONG locale Badilika publié le 13 juillet. Ce bilan, qui s’inscrit dans une flambée de violence ayant fait plus de 200 morts au total dans les territoires de Beni, Rutshuru, Masisi et Walikale, met en lumière l’incapacité des opérations militaires à endiguer les massacres attribués en grande partie aux rebelles ADF.
Beni, épicentre des massacres attribués aux ADF
Le rapport de Badilika documente une intensification des attaques dans le territoire de Beni, où les rebelles ADF sont responsables de près de 90 % des tueries recensées. Malgré les opérations conjointes Shujaa, menées par les forces armées congolaises et ougandaises, 199 civils ont été tués en trois mois. Patrick Nguka, responsable de l’ONG, a déclaré : « Dans le territoire de Beni, les attaques des ADF se sont intensifiées malgré les opérations militaires conjointes Shujaa ; il y a eu 199 civils qui ont été tués entre avril et juin. » L’organisation a également relevé des cas de torture et l’usage d’armes létales contre des manifestants, sans préciser le nombre de victimes de ces exactions.
Enlèvements et arrestations arbitraires à Rutshuru
Au-delà des massacres, le rapport pointe une multiplication des enlèvements et des disparitions forcées dans les zones sous contrôle de la coalition AFC/M23. Dans le territoire de Rutshuru, de jeunes hommes sont arrêtés arbitrairement, accusés sans preuve de complicité avec les FDLR ou les milices Wazalendo. Ces pratiques, documentées par Badilika, s’ajoutent aux pillages de grande envergure commis par l’ensemble des forces en présence, y compris les groupes d’autodéfense.
Écoles et examens paralysés par les bombardements à Masisi et Walikale
Les affrontements autour de la cité minière de Rubaya, impliquant le M23, les FARDC et les milices Wazalendo, ont eu des conséquences directes sur l’éducation. Le rapport indique que des élèves ont été empêchés de présenter leurs examens scolaires en raison des bombardements intensifs qui ont touché leurs localités dans les territoires de Masisi et Walikale. Cette situation illustre l’impact du conflit sur le quotidien des populations, au-delà des pertes humaines immédiates.
Un appel au respect du droit international humanitaire
Face à ce bilan, l’ONG Badilika exhorte les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à restaurer l’État de droit. Le rapport souligne l’échec des réponses militaires actuelles et l’urgence de protéger les civils, alors que des centaines de personnes ont été blessées, enlevées ou contraintes à l’exode. La documentation de ces violations par une organisation locale vise à établir les responsabilités et à alerter sur une crise humanitaire qui s’aggrave dans l’est de la République démocratique du Congo.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
