Les familles déplacées de retour dans le groupement de Mbinga-Nord, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), font face à une précarité grandissante. Hébergées par des familles hôtes dans plusieurs villages, elles manquent de l’essentiel pour survivre. La Nouvelle Société civile de Kalehe tire la sonnette d’alarme et appelle à une aide humanitaire urgente, tout en insistant sur une identification rigoureuse des bénéficiaires pour éviter les tensions.
Un retour sans abri ni ressources
Dans les villages de Mukwidja, Kiniezire, Ruhunde, Cibimbi, Karango, Mweha, Nyabibwe et Bujuki, les ménages retournés vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Selon Benjamin Mungazi, président de la Nouvelle Société civile de Kalehe, le manque d’abris constitue l’un des problèmes les plus criants. Ces familles, qui ont fui les violences, se retrouvent sans toit, dépendantes de la générosité de leurs hôtes, eux-mêmes souvent démunis.
L’insécurité alimentaire est également préoccupante. Sans accès à des terres cultivables ni à des revenus, ces personnes peinent à se nourrir correctement. L’accès aux soins de santé reste limité, faute de structures de santé fonctionnelles à proximité ou de moyens pour payer les consultations. Enfin, l’absence d’activités génératrices de revenus les maintient dans une dépendance totale à l’aide extérieure.
Une identification porte à porte pour une aide équitable
Benjamin Mungazi insiste sur la nécessité d’une identification porte à porte des bénéficiaires. Cette méthode, selon lui, permettrait d’éviter les conflits lors des distributions d’aide. Il dénonce l’exclusion de certaines personnes vulnérables, notamment celles vivant dans des chambrettes et les personnes âgées. Une identification précise garantirait que l’assistance parvienne à ceux qui en ont le plus besoin, sans créer de frustrations au sein de la communauté.
La société civile appelle à l’action des partenaires humanitaires tels que le Fond social, la Croix Rouge, GIVE, DCA, AVSI, NRC et le PAME. Ces organisations sont invitées à concrétiser leurs promesses d’aide. L’urgence est palpable : sans intervention rapide, la situation sanitaire et nutritionnelle de ces familles risque de se détériorer davantage.
Les risques d’une assistance mal ciblée
Une aide humanitaire mal coordonnée peut aggraver les tensions locales. Lorsque des distributions sont perçues comme injustes, elles peuvent susciter des jalousies et des conflits entre les déplacés et les familles hôtes. L’identification porte à porte, en impliquant les leaders communautaires, permet de dresser une liste transparente des bénéficiaires. Cela réduit les risques de détournement et renforce la confiance entre les acteurs humanitaires et la population.
Pour les personnes âgées et les isolés, souvent oubliés dans les recensements classiques, cette approche est vitale. Elle garantit que les plus fragiles ne soient pas laissés pour compte. La société civile de Kalehe rappelle que l’aide doit être inclusive et adaptée aux réalités du terrain.
Un appel à la responsabilité des partenaires
Les organisations humanitaires citées ont déjà mené des actions dans la région, mais leurs interventions restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins. La Nouvelle Société civile de Kalehe les exhorte à honorer leurs engagements. Chaque jour compte pour ces familles qui survivent dans des conditions précaires, exposées aux maladies et à la malnutrition.
La situation dans le groupement de Mbinga-Nord illustre les défis du retour des déplacés au Sud-Kivu. Sans un soutien accru et bien organisé, ces populations risquent de rester piégées dans un cycle de vulnérabilité. L’appel de Benjamin Mungazi résonne comme un rappel urgent : l’aide humanitaire doit être à la hauteur des besoins, et sa distribution, irréprochable.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
