La situation humanitaire dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, s’est invitée ce mardi 14 juillet au cœur d’une audience entre la ministre d’État aux Affaires sociales, Ève Bazaiba Masudi, et le caucus des députés nationaux élus du territoire de Fizi. Conduite par le député Obedi Nyamangyoku, la délégation est venue porter la voix des populations affectées par les affrontements armés et les bombardements qui secouent cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo. Une démarche qui soulève une question simple mais pressante : comment transformer les assurances gouvernementales en secours concrets pour les déplacés et les blessés de guerre ?
Une détresse humanitaire portée par les élus de Fizi
Les députés nationaux de Fizi n’ont pas seulement exposé des chiffres ou des rapports. Ils ont décrit une réalité faite de déplacements massifs, de familles brisées et de blessés sans soins, conséquence directe des violences armées qui persistent dans les hauts plateaux de Minembwe. Leur requête, adressée à la ministre d’État, visait à obtenir une intervention urgente du Gouvernement pour ces populations sinistrées. En se faisant les relais de cette détresse, les élus endossent un rôle d’intermédiaires entre des citoyens en péril et l’appareil d’État, rappelant que la représentation nationale ne s’arrête pas aux portes de l’hémicycle.
Ève Bazaiba face à l’urgence de l’aide humanitaire
Face à cette sollicitation, Ève Bazaiba a tenu à rassurer ses interlocuteurs. Elle a affirmé que le dossier des populations de Fizi figure parmi les préoccupations examinées par les autorités et que des démarches sont en cours pour apporter une réponse adaptée. La ministre a également souligné que ses services s’emploient à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans les zones affectées, tout en tenant compte des contraintes sécuritaires sur le terrain. Ces déclarations, bien que générales, indiquent une prise de conscience au sommet de l’État. Reste à savoir si les moyens suivront, dans un contexte où les besoins humanitaires dépassent souvent les capacités de réponse.
Des garanties politiques, mais quel impact pour les déplacés ?
Le député Obedi Nyamangyoku s’est dit satisfait des assurances reçues, estimant que les élus de Fizi ont obtenu des garanties sur l’implication du Gouvernement dans l’assistance aux populations sinistrées. Ce satisfecit politique ne doit cependant pas masquer l’écart entre les promesses et la réalité vécue par les déplacés. Pour ces derniers, chaque jour sans aide est un combat pour la survie. L’enjeu n’est donc pas seulement institutionnel : il est vital. La crédibilité de l’action publique se mesurera à l’aune des distributions effectives de vivres, de médicaments et d’abris, et non aux seules audiences ministérielles.
L’Est de la RDC, une poudrière humanitaire persistante
Cette rencontre intervient dans un climat sécuritaire toujours volatile. Plusieurs territoires de l’Est de la RDC continuent de faire face à des déplacements massifs de populations en raison des violences armées. Les autorités affirment poursuivre leurs efforts pour renforcer la réponse humanitaire, mais les faits sur le terrain peinent à suivre. La situation de Fizi et de Minembwe illustre une crise plus large, où les populations civiles sont prises en étau entre groupes armés et insuffisance de l’assistance. L’implication personnelle d’une ministre d’État peut-elle changer la donne ? L’avenir le dira, mais pour l’heure, les déplacés attendent des actes.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
