Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté mardi 14 juillet une stratégie budgétaire qui place l’investissement public au cœur de la croissance nationale. Devant les parlementaires et les représentants du Fonds monétaire international (FMI), il a défendu une réorientation de la fiscalité et une augmentation historique des transferts financiers vers les provinces, transformant selon lui la RDC en un vaste chantier.
Une fiscalité repensée pour attirer les capitaux privés
Le ministre a plaidé pour un changement de paradigme fiscal. Selon lui, la maximisation des recettes ne doit plus étouffer le tissu économique local, en particulier dans les filières clés. « Nous passons le message que lorsque nous conduisons des politiques économiques, nous devons faire attention aux “step backs”, c’est-à-dire à des actions qui peuvent nous remettre au niveau où nous avons déjà dépassé », a-t-il déclaré. L’objectif est de faire de la fiscalité un instrument d’investissement et d’attractivité, car la compétitivité des entreprises locales est aujourd’hui mise en cause. Concrètement, cela signifie que l’État cherche à alléger la pression fiscale pour stimuler la création d’emplois et soutenir la consommation des ménages, amorçant ainsi un cycle de croissance durable.
Des transferts records vers les provinces
En réponse aux préoccupations des élus sur l’impact des budgets votés, Doudou Fwamba a mis en avant l’effort de décentralisation financière. Les dotations directes aux provinces auraient permis de lancer une dynamique de modernisation des infrastructures de base. « Le gouvernement a mis beaucoup d’accent sur l’investissement public. Le gouvernement a beaucoup investi dans les transferts aux provinces. Lorsque vous sillonnez le pays aujourd’hui, il est en chantier », a-t-il martelé. Il a toutefois reconnu un léger repli du taux d’investissement national, oscillant entre 9 % et 10 %, mais a insisté sur la hausse historique des dotations régionales, qui dépasse la moyenne initialement projetée. Les parlementaires sont invités à consulter la prochaine loi de reddition des comptes pour en mesurer l’ampleur.
Un équilibre délicat avec les exigences des bailleurs
Cette présentation intervient dans un contexte de suivi rigoureux des engagements de la RDC avec ses partenaires de Bretton Woods. La numérisation des régies financières et la transparence dans la chaîne de la dépense publique restent des indicateurs clés pour la poursuite des programmes d’appui budgétaire. Pour le gouvernement, l’enjeu est de consolider les acquis sans fléchir face aux exigences internationales. La stratégie vise à transformer la fiscalité en levier d’investissement tout en maintenant la confiance des bailleurs, un équilibre qui conditionne la capacité de l’État à financer ses ambitions de développement.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
