Dans la chaleur d’un après-midi de juillet, une voix s’élève depuis Butembo, porteuse d’un reggae aux accents de résilience. Mayaya Santa, artiste musicien originaire de cette ville du Nord-Kivu, annonce un double concert à Lubumbashi les samedi 1er et dimanche 2 août 2026. L’événement, niché au cœur de l’Université de Lubumbashi, promet de faire vibrer les cordes sensibles de la communauté nande, réunie pour célébrer sa culture.
L’auteur-compositeur, figure du reggae local, a confié à Actu30.cd ce mardi 14 juillet que ces prestations s’inscrivent dans le cadre de la journée dédiée à la culture nande. Une initiative portée par le député provincial Tsongo Matata, élu de Lubumbashi, qui entend rassembler les membres de cette communauté disséminés dans la province du Haut-Katanga. Au-delà des notes musicales, Mayaya Santa souhaite exprimer les souffrances endurées par les Nande depuis des années dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Un rendez-vous pour l’unité et la mémoire
Mapson Viteghe, représentant du député provincial Tsongo Matata Delliance, a précisé l’objectif de ce rassemblement : sensibiliser les Nande de Lubumbashi aux valeurs culturelles yira et à l’unité. Dans cette optique, Mayaya Santa a été choisi pour sa contribution à la révolution par ses productions musicales. Ses chansons, imprégnées de lutte et d’espoir, deviennent ainsi le vecteur d’une mémoire collective.
Le choix de l’Université de Lubumbashi comme écrin de ces concerts n’est pas anodin. Ce lieu de savoir se transformera en un carrefour où les mélodies reggae rencontreront les récits d’une communauté en quête de reconnaissance. Les participants, issus de la communauté nande et d’autres horizons, partageront un moment où la musique se fait langage universel.
Mayaya Santa, une voix entre Butembo et Lubumbashi
Originaire de Butembo, Mayaya Santa porte en lui les échos d’une région marquée par les conflits. Son reggae, loin d’être une simple esthétique, se nourrit des réalités sociales et politiques de l’Est congolais. En se produisant à Lubumbashi, il tisse un lien entre deux pôles du pays, rapprochant les Nande de la diaspora interne de leurs racines.
Ce double concert intervient dans un contexte où la culture yira cherche à affirmer sa place dans le paysage national. Les organisateurs misent sur la force fédératrice de la musique pour raviver un sentiment d’appartenance. Les rythmes reggae, porteurs de messages de paix et de justice, devraient résonner comme un appel à la solidarité.
La culture nande à l’honneur
La journée de la culture nande, orchestrée par le député Tsongo Matata, se veut un espace de transmission et de fierté. Au programme, les prestations de Mayaya Santa viendront agrémenter des activités visant à renforcer les liens communautaires. L’artiste, par sa musique, incarne cette volonté de résistance culturelle face aux épreuves.
Alors que les préparatifs s’accélèrent, l’attente monte parmi les Nande de Lubumbashi. Ce rendez-vous d’août 2026 s’annonce comme un moment suspendu, où les douleurs du passé se mêleront aux espoirs d’un avenir commun. La scène de l’Université de Lubumbashi deviendra, le temps d’un week-end, le théâtre d’une communion artistique et humaine.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: actu30.cd
