L’année scolaire 2025-2026 s’est officiellement clôturée ce jeudi 2 juillet 2026 sur l’ensemble du territoire national. Dans le secteur des Bapere, en territoire de Lubero au Nord-Kivu, cette échéance nationale ne correspond toutefois pas à la réalité de plusieurs écoles. L’insécurité attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées a perturbé le calendrier scolaire et maintient certains établissements dans une logique de rattrapage.
La proclamation des résultats intervient ainsi dans un contexte local décalé. Plusieurs écoles du secteur poursuivent encore les enseignements, après des mois d’interruptions, d’ouvertures tardives et de déplacements de populations. Pour les élèves comme pour les enseignants, l’année a été marquée par une succession de contraintes sécuritaires qui ont réduit la continuité de l’encadrement scolaire.
Calendrier national contrarié à Bapere
Dans plusieurs agglomérations du secteur des Bapere, la fin officielle de l’année scolaire apparaît comme une étape administrative plus que comme la conclusion effective des cours. Les attaques à répétition des ADF ont entraîné des fermetures forcées d’écoles et des interruptions brutales des activités scolaires. Certaines structures ont dû être délocalisées dans l’urgence, selon les informations disponibles.
Cette situation a installé une instabilité durable dans le système éducatif local. Les écoles n’ont pas toutes suivi le même rythme. Là où les conditions sécuritaires ne permettaient pas l’ouverture normale des classes, les enseignements ont été suspendus ou retardés. Le décalage observé aujourd’hui résulte donc d’une année scolaire menée sous contrainte, avec des périodes d’arrêt imposées par l’insécurité.
L’axe Butembo-Mangurujipa touché
Le président de la société civile de Bapere, Samuel Kaheni, joint au téléphone, confirme que la situation sécuritaire a pesé directement sur l’organisation scolaire dans le secteur. Il indique que les difficultés ont concerné plusieurs agglomérations, avec des interruptions temporaires des activités et une ouverture tardive de certaines écoles.
« L’année scolaire a connu plusieurs défis liés à la situation sécuritaire, qui n’ont pas permis un bon déroulement de l’encadrement des apprenants. Il y a eu des interruptions temporaires des activités scolaires dans plusieurs agglomérations, ainsi qu’une ouverture tardive des écoles, notamment au chef-lieu du secteur de Bapere. Certaines localités n’ont même pas ouvert les portes des écoles en raison de l’insécurité qui a prévalu sur l’axe Butembo-Mangurujipa. »
Cette déclaration situe l’ampleur du problème dans une zone précise du territoire de Lubero Nord-Kivu. Sur l’axe Butembo-Mangurujipa, certaines localités n’ont pas pu relancer les activités scolaires. Le constat reste limité aux faits rapportés par la société civile locale, mais il montre que la perturbation ne concerne pas seulement le déroulement des cours. Elle touche aussi l’accès même à l’école dans les localités les plus exposées.
Deux mois de reprise au chef-lieu
Au chef-lieu du secteur des Bapere, les cours n’ont repris qu’il y a à peine deux mois, d’après Samuel Kaheni. Ce retard explique le maintien des enseignements dans certains établissements alors que le calendrier national prévoit déjà la clôture de l’année. Les écoles concernées tentent de récupérer une partie du temps perdu, sans que cette reprise tardive efface les interruptions subies.
Pour les apprenants, l’année 2025-2026 s’est donc déroulée dans des conditions irrégulières. Les enseignants ont dû composer avec des arrêts imposés, des reprises différées et une fréquentation fragilisée par les déplacements de populations. Les résultats proclamés dans d’autres établissements du pays ne traduisent pas la même réalité dans les zones de Bapere affectées par l’insécurité.
Appel pour la rentrée 2026-2027
Face à cette situation, les forces vives de Lubero demandent aux autorités congolaises de sécuriser la région. Leur plaidoyer vise d’abord la réouverture des écoles restées closes sur l’axe Butembo-Mangurujipa. Il porte aussi sur la préparation d’une rentrée scolaire 2026-2027 plus normale dès le mois de septembre prochain.
La société civile de Bapere lie ainsi la reprise scolaire à la stabilisation sécuritaire. Sans amélioration de la situation dans les zones concernées, le calendrier officiel risque de rester difficile à appliquer localement. Le dossier engage directement la capacité des autorités à garantir des conditions d’apprentissage minimales dans ce secteur du territoire de Lubero.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
