À six jours de la marche du 8 juillet, la coalition C64 rejette les accusations de violence portées par l’UDPS et maintient son appel à une mobilisation pacifique pour défendre la constitution de 2006. Cette confrontation verbale illustre une tension croissante autour du respect de l’ordre constitutionnel en République démocratique du Congo.
Une marche pour dire non au changement constitutionnel
La coalition C64, qui regroupe des figures de l’opposition comme Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Augustin Matata et Moïse Katumbi, a confirmé la tenue de sa marche le 8 juillet. L’objectif affiché est de s’opposer à toute modification de la constitution de 2006, perçue comme un rempart contre un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Dans un communiqué publié le 1er juillet, la C64 insiste sur le caractère pacifique de cette mobilisation nationale. Elle entend dire « NON à toute tentative de coup d’État constitutionnel », « NON à un référendum destiné à contourner les verrous constitutionnels » et « NON à toute tentative d’ouvrir la voie à un troisième mandat anticonstitutionnel ». Ces formules traduisent une crainte partagée par une partie de la classe politique et de la société civile : celle d’une remise en cause progressive des garde-fous démocratiques.
Des accusations de violence rejetées par l’opposition
L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, a accusé la C64 de préparer un soulèvement populaire et des attaques contre les ambassades. Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, avait évoqué ces risques lors d’une matinée politique au siège du parti. La coalition d’opposition dénonce des « accusations mensongères » et y voit une stratégie visant à justifier une répression préventive. Elle déplore une campagne de haine menée par des membres de l’Union sacrée, en lien avec certains pasteurs proches du pouvoir. La C64 rappelle aussi la répression sanglante de la manifestation du 12 juin 2026, les intimidations répétées et le retrait arbitraire du passeport de Delly Sesanga, empêché de quitter le territoire pour des soins. Pour l’opposition, ces actes révèlent une volonté d’empêcher toute contestation démocratique du projet de modification constitutionnelle.
Un sit-in à Kinshasa malgré les restrictions sanitaires
À Kinshasa, un sit-in est prévu devant le palais de la nation, où un mémorandum doit être déposé à l’intention du président Tshisekedi. Cette activité reste toutefois menacée par une mesure gouvernementale récente interdisant les rassemblements dans quatre provinces, dont Kinshasa, pour des raisons sanitaires liées au virus Ebola. La C64 avait déjà informé le gouverneur de la ville de sa démarche, mais aucune réponse n’a été donnée. Lors de la précédente mobilisation du 12 juin, l’opposition avait été contrainte de délocaliser son sit-in au terrain Assossa pour respecter l’inviolabilité du parlement. Des heurts avaient éclaté aux abords du palais du peuple, faisant des morts et plusieurs blessés graves. Ce précédent pèse sur l’organisation de la marche du 8 juillet, alors que les autorités brandissent à la fois des arguments sécuritaires et sanitaires pour limiter les rassemblements.
Un test pour la contestation démocratique
La marche du 8 juillet s’annonce comme un test pour la capacité de l’opposition à mobiliser pacifiquement, dans un contexte de défiance mutuelle. La C64 insiste sur la nécessité de ne pas être dupe face à ce qu’elle qualifie de manœuvres dilatoires. Le peuple congolais, selon elle, doit rester vigilant pour défendre ses droits et la constitution. La réponse des autorités à cette mobilisation sera scrutée, tant sur le plan du respect des libertés publiques que sur la gestion des impératifs sanitaires. L’issue de cette journée pourrait influencer le climat politique des prochains mois, alors que les débats sur une éventuelle révision constitutionnelle continuent de diviser la classe politique et la société.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
