La rébellion de l’AFC/M23 maintient son objectif de renverser le gouvernement congolais, tout en envisageant la création d’une région autonome dans l’est de la RDC, selon un rapport du Groupe d’experts des Nations unies remis au Conseil de sécurité. Ce document, daté du 1er juillet 2026, détaille les ambitions politiques, économiques et militaires du mouvement, qui continue de consolider son emprise territoriale malgré les processus diplomatiques en cours.
Un double objectif stratégique documenté par l’ONU
Le rapport indique que l’AFC/M23 conserve des visées expansionnistes et renforce ses structures de gouvernance parallèles. « L’AFC/M23 a conservé des visées à la fois politiques, économiques et militaires, notamment l’expansion et la consolidation territoriales, l’enracinement de structures de gouvernance parallèles et la recherche d’une reconnaissance officielle par la voie de négociations », précise le document. Les experts onusiens soulignent que le mouvement garde pour objectif ultime le renversement du gouvernement congolais, tout en envisageant, à titre d’alternative, l’établissement d’une région autonome dans l’est de la RDC. Ces objectifs étaient enseignés lors de séances d’endoctrinement, comme l’ont confirmé d’anciennes recrues.
Une « République fédérale du Congo » comme projet alternatif
En cas d’autonomie des zones sous son contrôle, la rébellion envisage la création d’une « République fédérale du Congo ». Le rapport révèle que les dirigeants de l’AFC/M23 ont continué d’appeler de leurs vœux cette entité et sont revenus sur une précédente demande d’intégration de leurs combattants dans les FARDC. Ils proposent désormais que le mouvement construise et dirige les nouvelles forces armées de l’État fédéral. L’argument de la protection des Tutsi, des Banyamulenge et des Hema contre le nettoyage ethnique et le génocide a été utilisé de manière croissante dans les déclarations publiques pour justifier l’intervention militaire et les exigences du groupe.
Une expansion territoriale en violation des résolutions du Conseil de sécurité
Malgré l’adoption de la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité, qui ordonne le retrait des forces rwandaises et la cessation de tout soutien à l’AFC/M23, les experts constatent que les zones d’influence du mouvement se sont étendues. « L’AFC/M23 a continué de privilégier l’expansion militaire, intensifiant ses opérations dans le but de prendre Walikale, Kisangani, Kalemie et Beni », déplore le rapport. Depuis le lancement du processus de Doha, en mars 2025, la superficie des territoires occupés par le groupe a augmenté de plus de 35%, en violation de la résolution 2773 (2025).
Des processus diplomatiques au point mort
Ce nouveau rapport intervient alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se détériorer, malgré l’Accord de Washington et les réunions d’évaluation successives. Des tensions persistent entre Kinshasa et Kigali, chaque camp interprétant à sa manière les dispositions de l’accord, ce qui rend sa mise en œuvre complexe un an après sa signature. Le processus de Doha, sous l’égide du Qatar, peine également à rapprocher les positions. L’étape de Montreux, en Suisse, n’a pas produit les résultats escomptés, et la détérioration de la situation au Moyen-Orient a relégué ce dossier au second plan, ralentissant les efforts de médiation.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
