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Répression du sit-in à Kinshasa : la VSV et le PPRD exigent une enquête indépendante

La dispersion violente du sit-in organisé ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa par la coalition C64 a suscité une vague de condamnations de la part d’organisations de défense des droits humains et de formations politiques. La Voix des Sans Voix (VSV) et le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) ont, dans des communiqués distincts, dénoncé un usage disproportionné de la force et exigé l’ouverture d’une enquête indépendante pour établir les responsabilités.

Des condamnations convergentes de la VSV et du PPRD

Dans un communiqué publié le jour même, la VSV a qualifié la répression de « musclée, sanglante et disproportionnée », évoquant de nombreux blessés parmi les manifestants. L’organisation a également fait état d’actes de vandalisme contre des sièges de partis de l’opposition, notamment celui de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), et s’est dite surprise de l’attitude des forces de sécurité qui, selon elle, « ont assisté impuissantes aux actes de vandalisme sans en interpeller les auteurs ». La VSV affirme en outre que certains éléments de la Police Nationale Congolaise auraient été aperçus jetant des projectiles sur le siège de l’ECIDé aux côtés de personnes se réclamant de la Force du progrès.

De son côté, le PPRD, parti de l’ancien président Joseph Kabila, a exprimé sa « profonde indignation » dans un communiqué signé par ses secrétaires permanents adjoints. Il dénonce un « usage disproportionné de la force publique », évoquant des tirs à balles réelles et des figures politiques touchées, parmi lesquelles Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Ados Ndombasi et Marley Vuvu. Le PPRD condamne également l’implication présumée de groupes non habilités, en particulier ceux se réclamant des « Forces du progrès », dans les violences rapportées.

Un bilan humain contesté et des témoignages accablants

Au-delà des communiqués officiels, des témoignages font état d’un bilan plus lourd. Jean-Marc Kabund, ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, a affirmé au cours d’un échange en ligne avoir assisté à la mort de deux manifestants. Il a décrit une scène d’une « extrême gravité », déclarant : « Ce qui s’est passé aujourd’hui est d’une extrême gravité. Pourquoi ? Parce que j’ai vu un jeune se faire tirer dessus à bout portant. » Selon lui, la victime aurait ensuite été achevée par des membres de la Force du progrès, en présence des forces de l’ordre. « Pendant que ce jeune était en train d’agoniser, en train de se battre pour sa vie, j’ai vu la milice de la Force du Progrès venir l’achever devant la police qui travaillait avec cette milice », a-t-il soutenu.

Ces déclarations, relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive émotion. Des images montrant des responsables de l’opposition couverts de sang après les incidents ont largement circulé. La VSV a déploré que ces scènes « ne contribuent nullement à redorer l’image de la RDCongo à travers le monde ».

Des exigences d’enquête et un appel au respect des libertés

Face à la gravité des faits, la VSV et le PPRD exigent tous deux l’ouverture d’une enquête indépendante. La VSV demande que celle-ci permette « d’établir les responsabilités et de sanctionner les auteurs des actes répréhensibles sus évoqués et constitutifs des violations et atteintes aux droits humains ». Le PPRD, pour sa part, appelle à faire toute la lumière sur les violences signalées et à établir les responsabilités.

Les deux organisations rappellent que ces événements constituent une atteinte aux libertés fondamentales garanties par la Constitution. La VSV insiste sur le fait qu’« aucun motif, quel qu’il soit ne saurait justifier la violation du droit à la vie et les atteintes graves à l’intégrité physique des personnes ainsi que le non-respect du droit à la propriété ». Le PPRD, quant à lui, souligne que « la Constitution n’est pas la propriété d’un individu ou d’un groupe politique, mais l’expression de la volonté souveraine du peuple congolais ».

Un climat politique sous tension

Cette manifestation intervient dans un contexte de polarisation croissante entre majorité et opposition, sur fond de débats autour de l’avenir institutionnel du pays. La coalition C64 avait annoncé ce sit-in pour exprimer ses revendications sur la défense de la Constitution, de la démocratie et de l’alternance politique. Selon le PPRD, la mobilisation avait été précédée de concertations avec les autorités compétentes.

Les événements de ce vendredi risquent d’alimenter les crispations. Alors que plusieurs organisations de la société civile appellent au respect des libertés publiques, la VSV estime que ces violences traduisent « un recul en matière de l’exercice de certaines libertés fondamentales dont la liberté de manifester ». Le PPRD, tout en saluant la détermination du peuple congolais dans la défense des valeurs démocratiques, appelle la population à demeurer vigilante, unie et mobilisée dans le respect des principes républicains. Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle des autorités n’avait été enregistrée concernant les accusations formulées.

Article Ecrit par Cédric Botela

Sources: Actualite.cd, mediacongo.net

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