Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a renvoyé au 25 juin 2026 le procès de la chanteuse Deborah Tshimpaka Mulanga, dite Rebo Tchulo, poursuivie pour incitation présumée de militaires à des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. Ce renvoi, décidé à l’issue de l’audience du 11 juin 2026, fait suite à de nouvelles déclarations accablantes pour l’artiste, dans l’affaire des tortures infligées à son chauffeur, Platini Kasaï Sadisa, soupçonné de vol.
Un lieutenant met en cause la présence de Rebo Tchulo
Devant la juridiction militaire, le lieutenant Zababu Musafiri a livré un témoignage qui renforce les charges pesant sur la chanteuse. Il a affirmé avoir conduit le chauffeur au domicile de Rebo Tchulo pour qu’il s’explique sur la disparition d’objets du sac de l’artiste. « Parce qu’il devait dire combien d’objets il avait soutirés du sac de madame Rebo », a déclaré le militaire. Selon lui, Rebo Tchulo aurait autorisé la perquisition et les violences, et était présente lors des actes de torture dénoncés. Cette version contredit frontalement la ligne de défense de l’artiste, qui nie toute implication directe dans les sévices infligés à son employé.
La défense conteste toute implication directe
La défense de Rebo Tchulo maintient une position de dénégation. Me Jean-Marie Kabengela Ilunga a rappelé que sa cliente avait elle-même déposé une plainte pour vol, estimant qu’elle n’avait rien à se reprocher. À l’issue de l’audience, il a déclaré à Eventsrdc.com que les militaires impliqués n’avaient jamais été contactés directement par l’artiste. « Les militaires n’ont pas été contactés par notre cliente. Aucun militaire n’a le numéro de notre cliente. Nous pensons que tout ce qui a été diffusé sur les réseaux sociaux visait à nuire à l’image de notre cliente », a-t-il affirmé. L’avocat a ainsi suggéré que les accusations portées contre Rebo Tchulo pourraient relever d’une campagne de dénigrement, sans toutefois apporter d’éléments matériels à l’appui de cette thèse lors de l’audience.
Treize militaires poursuivis pour des faits de torture
Ce dossier implique au total treize militaires, dont quatre sont en fuite. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires, commis au domicile de Rebo Tchulo à l’encontre de Platini Kasaï Sadisa. La multiplicité des prévenus et la gravité des charges illustrent l’ampleur d’une affaire qui interroge sur la discipline au sein des FARDC et sur l’usage de la force militaire dans un cadre privé. L’audience du 11 juin a été suspendue et renvoyée au 25 juin 2026, laissant en suspens les questions de responsabilité et les suites disciplinaires attendues.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Eventsrdc
