Cinq civils ont été arrêtés depuis le jeudi 11 juin 2026 à Rusamambu, dans le groupement Ikobo, territoire de Walikale (Nord-Kivu), par des éléments de la rébellion AFC/M23. Ils sont accusés de collaborer avec les groupes d’autodéfense wazalendo en leur transmettant des informations sur les mouvements rebelles dans cette zone.
Des arrestations à domicile suivies d’un transfert vers Buleusa
Selon des sources coutumières locales, les cinq civils ont été interpellés chacun à son domicile avant d’être conduits à la position rebelle installée à Rusamambu. Des sources sécuritaires confirment ces faits et précisent que le sort des personnes arrêtées demeure inconnu depuis leur arrestation. D’autres sources à Rusamambu indiquent que les civils incriminés ont été acheminés vers Buleusa, chef-lieu du groupement Ikobo, où ils seraient toujours détenus par les rebelles. Cette incertitude sur leur situation immédiate renforce l’inquiétude des communautés locales, qui redoutent des traitements arbitraires en l’absence de toute procédure judiciaire.
Des organisations de défense des droits humains condamnent et documentent
Des défenseurs des droits humains condamnent ces agissements, qu’ils qualifient de tentative d’intimidation des populations civiles vivant dans les zones sous contrôle rebelle. Certaines organisations appellent les responsables de la rébellion à rappeler leurs hommes à l’ordre et à cesser tout acte de violation des droits de l’homme dans les zones sous leur influence. Selon ces organisations, tous ces actes sont en train d’être documentés afin de produire un rapport détaillé qui sera remis aux instances judiciaires pour que ces faits ne restent pas impunis. Cette documentation systématique vise à établir des preuves recevables devant les juridictions compétentes, dans un contexte où l’accès à la justice reste limité pour les victimes de la région.
Un climat d’insécurité juridique pour les civils de Walikale
Ces arrestations illustrent la pression exercée sur les populations civiles dans une région où les dynamiques de conflit entre la rébellion AFC/M23 et les groupes wazalendo restent vives. L’accusation de collaboration avec les wazalendo, sans procédure judiciaire apparente, expose les civils à des détentions arbitraires et à un climat de peur. La documentation en cours par les organisations de défense des droits humains pourrait constituer un élément clé pour d’éventuelles poursuites, mais l’absence d’informations sur le sort immédiat des cinq personnes arrêtées maintient une incertitude préoccupante. Les sources coutumières et sécuritaires n’ont pas été en mesure de préciser si les détenus ont eu accès à une assistance juridique ou à un contact avec leurs proches depuis leur transfert à Buleusa.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
