Une dizaine de civils sont portés disparus dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, après une série d’arrestations attribuées à des présumés cadres de l’AFC/M23. L’alerte a été lancée le 12 juin par l’ASBL Conscience féminine pour les droits et le développement (CFDD), qui suit avec inquiétude la dégradation sécuritaire dans cette zone en proie aux violences armées. Le communiqué de l’organisation précise que ces disparitions sont survenues au cours des dix derniers jours précédant sa publication, sans que les autorités compétentes n’aient encore confirmé les faits.
Des agents humanitaires parmi les disparus
Parmi les personnes introuvables figurent Jérôme Maheshe et Rodrigue Bukanga, deux agents de l’équipe locale de Médecins Sans Frontières Belgique. Selon la CFDD, ils ont été enlevés en juin 2026 dans le territoire de Masisi. L’organisation de défense des droits humains souligne que ces disparitions s’inscrivent dans un contexte de recrudescence des enlèvements ciblant les civils, y compris le personnel humanitaire. La coordinatrice de la CFDD, Nadia Nyamushiya, rappelle qu’en mars dernier, d’autres agents humanitaires avaient déjà été enlevés sur l’axe Mweso-Kashuga, illustrant une répétition de ces atteintes.
Huit civils exécutés dans le groupement Bukombo
Le communiqué fait également état de l’exécution de huit civils dans la nuit du 9 juin, dans le groupement Bukombo, secteur d’Oso Banyungu. La CFDD attribue ces tueries aux rebelles du M23 et indique que les corps des victimes n’avaient pas encore été enterrés au moment de la publication du document. Ce constat macabre souligne la gravité de la situation sécuritaire dans cette partie du territoire de Masisi, où les civils sont pris pour cible en violation du droit international humanitaire. Aucune confirmation officielle n’a été apportée par les autorités compétentes à ce stade, laissant planer l’incertitude sur les circonstances exactes de ces exécutions.
Un appel à la mobilisation des instances compétentes
Face à cette situation, la CFDD sollicite l’implication de toutes les instances afin que les victimes d’enlèvement recouvrent pleinement leur liberté et que cessent toute forme d’abus. L’organisation appelle également à des mesures contraignantes de non-répétition. Dans son communiqué, elle demande aux parties impliquées dans le conflit de respecter les droits des civils ainsi que les principes du droit international humanitaire. La CFDD insiste sur la nécessité d’une mobilisation des autorités congolaises, des organisations internationales et des partenaires humanitaires afin de faire la lumière sur ces disparitions et ces exécutions. Pour l’heure, l’absence de confirmation officielle maintient ces événements dans un flou préjudiciable aux familles des victimes et à la sécurité des populations locales.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
