Ce vendredi 12 juin 2026, le Palais du Peuple à Kinshasa est devenu le théâtre d’un bras de fer entre l’opposition et les autorités urbaines. Alors que la Coalition Article 64 (C64) et plusieurs partis politiques maintiennent leur appel à un sit-in devant le siège du Parlement, un important dispositif policier a été déployé dès l’aube, transformant les abords de l’institution en zone sous haute surveillance. Cette mobilisation sécuritaire, visible sur les principaux axes menant au Palais du Peuple, répond à la détermination affichée des organisateurs de manifester contre toute réforme de la Constitution et un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Un site institutionnel sous tension
La veille de la manifestation, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, avait clairement signifié son refus d’autoriser le rassemblement devant le Palais du Peuple. À l’issue d’une réunion avec les parties concernées, l’autorité urbaine a rappelé le caractère protégé du lieu. « Le Palais du Peuple demeure un site inviolable », a-t-il insisté, selon une source proche de la rencontre. Pour concilier ordre public et liberté de manifester, l’Hôtel de ville a proposé un site alternatif, le terrain Assosa dans la commune de Kasa-Vubu. Une option immédiatement rejetée par les responsables de l’opposition, qui campent sur leur position initiale.
Une circulation paralysée et des citoyens pris au piège
Dès les premières heures de la matinée, des dizaines d’agents de la Police nationale congolaise (PNC) ont pris position aux points stratégiques. Plusieurs entrées du Palais du Peuple, notamment celle du camp Kokolo sur l’avenue de la Libération, sont devenues inaccessibles aux citoyens ordinaires. Un contrôle systématique s’impose, y compris pour le personnel administratif du site. Cette situation a considérablement compliqué la circulation des personnes et des biens, aggravant les traditionnels embouteillages dans la capitale. Les conséquences sur le coût du transport se font déjà sentir, sans qu’aucune estimation officielle ne soit disponible.
Un dialogue dans l’impasse
Le désaccord persistant entre les organisateurs et les autorités urbaines fait craindre des frictions si aucune solution consensuelle n’est trouvée. L’opposition dénonce notamment la proposition de loi sur l’organisation du référendum, qu’elle considère comme une menace pour l’ordre constitutionnel actuel. Alors que les regards restent tournés vers la capitale congolaise, les prochaines heures s’annoncent décisives pour éviter toute escalade et garantir un déroulement pacifique de cette action politique. La question demeure : comment concilier la protection des institutions et le droit de manifester sans compromettre la quiétude des citoyens ?
Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: radiookapi.net, mediacongo.net
