Au moins six braquages ont visé les convois de Médecins sans frontières (MSF) France dans la zone de santé de Kibirizi, au Nord-Kivu, entre janvier et juin 2026. Cette série d’attaques armées, survenues dans le territoire de Rutshuru, menace directement la continuité des soins pour des milliers de personnes. L’organisation humanitaire prévient qu’elle pourrait réduire ou suspendre ses activités si la sécurité ne s’améliore pas.
Des axes routiers devenus dangereux pour les soignants
Les incidents se concentrent sur plusieurs tronçons essentiels à l’acheminement de l’aide médicale. Les véhicules de MSF ont été pris pour cible sur les axes Kiwanja–Kanyabayonga, notamment à Busendo, ainsi que sur les routes Rwindi–Kibirizi et Kibingu–Kibirizi. Ces braquages s’ajoutent à ceux déjà enregistrés entre novembre et décembre 2025 sur les liaisons Kiwanja, Kanyabayonga, Rwindi et Vitshumbi. Lors de ces précédentes attaques, les équipes humanitaires ont subi des actes de torture et des pillages de matériel médical. Ces violences répétées rendent chaque déplacement risqué pour le personnel soignant, qui doit pourtant rejoindre les structures de santé pour assurer les consultations, les accouchements ou la prise en charge des maladies courantes.
Un accès aux soins compromis pour la population
Cette insécurité persistante fragilise l’accès aux services de santé dans la chefferie de Bwito. MSF France reste l’une des rares structures humanitaires encore opérationnelles dans cette partie de la province, actuellement sous contrôle du mouvement rebelle AFC/M23 et marquée par la présence de plusieurs groupes armés. La réduction ou la suspension des activités de MSF aurait des conséquences directes sur la prise en charge des patients, dans une zone où les alternatives sont quasi inexistantes. Concrètement, cela signifie que des enfants pourraient ne plus être vaccinés, que des femmes enceintes pourraient accoucher sans assistance médicale, et que des blessés ou malades graves pourraient ne pas recevoir les soins d’urgence nécessaires. La population locale, déjà éprouvée par les conflits, dépend largement de cette aide extérieure pour sa survie sanitaire.
Une mobilisation locale pour protéger l’aide médicale
Face à cette situation, une séance de sensibilisation a été organisée le mercredi 10 juin 2026 au bureau central de la zone de santé de Kibirizi. Le coordonnateur intérimaire du projet de MSF France à Kibirizi, Floribert Salumu Lukoo, a exprimé son inquiétude devant les autorités sanitaires locales et les leaders communautaires. L’objectif était de renforcer l’engagement des communautés dans la protection des humanitaires et d’encourager les responsables locaux à décourager ces actes criminels. Cette démarche vise à rappeler que la sécurité des convois humanitaires est une condition indispensable pour maintenir l’aide médicale. Sans amélioration concrète, la population risque de perdre un appui vital, alors que les besoins de santé restent élevés dans une région déjà éprouvée par les conflits. Les leaders communautaires sont ainsi appelés à jouer un rôle actif pour sensibiliser sur les conséquences de ces attaques, non seulement pour les humanitaires, mais surtout pour leurs propres communautés qui bénéficient des soins.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
