AccueilActualitéSantéCholéra en RDC : moins de cas, mais le Nord-Kivu résiste

Choléra en RDC : moins de cas, mais le Nord-Kivu résiste

La situation de l’épidémie de choléra en République démocratique du Congo montre des signes encourageants, mais la vigilance reste de mise. Selon les dernières données communiquées par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, la 17ᵉ semaine épidémiologique enregistre une baisse notable des cas suspects : de 1.196 la semaine précédente, ils sont passés à 1.008, avec 12 décès, soit une létalité de 1,2 %, contre 1,8 % auparavant. Une évolution favorable qui ne doit pas faire oublier que le choléra demeure une menace sérieuse pour la santé publique RDC.

Le choléra, cette infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae, peut tuer en quelques heures en l’absence de traitement. Heureusement, la prise en charge rapide – réhydratation et antibiotiques – permet de sauver la majorité des malades. Mais la bataille est loin d’être gagnée, surtout dans les zones où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste un luxe.

La province du Nord-Kivu est, cette semaine encore, la plus touchée par l’épidémie de choléra. Elle totalise 204 nouveaux cas suspects et deux décès. Une situation qui rappelle combien le contexte humanitaire fragile et les déplacements de population favorisent la propagation de la maladie. Peut-on vraiment parler d’accalmie alors que des vies continuent d’être fauchées dans cette région ? Pour les équipes sur le terrain, chaque cas est un signal d’alarme. La population doit redoubler de précautions : se laver les mains régulièrement, boire de l’eau traitée, cuire les aliments, et éviter la défécation à l’air libre.

À Kinshasa, la dynamique est plus contrastée. Le nombre de nouveaux cas suspects est resté quasi stable, passant de 40 à 42, avec trois décès enregistrés en une semaine. Trois malades sont actuellement pris en charge dans les Centres de traitement du choléra de la capitale. La stabilité apparente ne doit pas endormir les autorités. Kinshasa, mégalopole de plus de 15 millions d’habitants, concentre tous les ingrédients d’une explosion épidémique si la maladie venait à s’installer dans les quartiers densément peuplés et mal assainis. Le risque de Kinshasa choléra est bien réel, et chaque citoyen doit se sentir concerné.

Autre foyer inquiétant : la prison de Mbanza-Ngungu, dans le Kongo Central. Le cumul des cas y est stable à 168, dont 13 décès depuis le début de l’épidémie. La promiscuité carcérale rend la maîtrise de la transmission extrêmement difficile. Ce drame silencieux illustre l’urgence de renforcer les mesures d’hygiène et d’accès aux soins dans tous les lieux de détention du pays.

Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) amplifie son appui aux côtés du ministère de la Santé, de l’Institut national de santé publique (INSP) et des acteurs locaux. L’approche est résolument communautaire : informer, former et outiller les communautés pour qu’elles deviennent les premiers remparts contre l’épidémie. Ce sont les populations elles-mêmes qui détectent les premiers signes, alertent et brisent les chaînes de transmission. Un travail de fourmi qui porte ses fruits, mais qui dépend en grande partie des financements extérieurs. Le ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO) fait partie des généreux donateurs qui permettent de maintenir ces opérations vitales.

Alors, faut-il crier victoire ? Certainement pas. La baisse actuelle peut être le résultat d’une meilleure surveillance, mais aussi d’une simple fluctuation saisonnière. Pour espérer éliminer durablement le choléra en RDC, il faut s’attaquer aux causes profondes : l’absence d’eau potable, le manque de latrines, la précarité des systèmes de santé. En attendant, les autorités et l’OMS exhortent les communautés, les leaders locaux, les médias, les écoles, les églises et les familles à intensifier la sensibilisation autour des gestes essentiels : lavage des mains au savon, traitement de l’eau de boisson, assainissement de l’environnement et signalement immédiat de toute diarrhée aiguë. Ces réflexes simples sauvent des vies. Et c’est en les adoptant partout, du Nord-Kivu à Kinshasa en passant par chaque village, que le peuple congolais pourra tourner la page de cette épidémie de choléra en RDC.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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